29/10/2013

Leslie West prend tout de même son pied (CD "Unusual Suspects", 2011)

J'avoue, c'est honteux de faire de l'humour là-dessus : Leslie West, un artiste valeureux, recommandable et (heu) intègre a malheureusement dû être amputé d'une demi-jambe. Mais Leslie (guitariste légendaire de MOUNTAIN, un des groupes fondateurs du hard rock) est un sacré bonhomme, on ne l'abat pas pour si peu, lui qui remontait sur scène deux mois à peine après son amputation. Un instrumentiste fabuleux qu'il faut à tout prix redécouvrir. Sans doute est-il bien plus occupé aujourd'hui à faire des reprises sanglantes de grands classiques du blues-rock que de créer du matériel nouveau, mais ce gars-là a une énergie inépuisable et le feu sacré ne s'est jamais éteint depuis plus de 40 ans. Ce cd de 2011 est une tuerie pour les portugaises, d'autant plus qu'il s'entoure de quelques gratteurs aussi fous que lui tels Joe Bonamassa et Billy Gibbons (ZZ Top).

Une légende, quoi qu'il en chante : "Don't call me legend, I came here to play". Ne m'appelle pas "légende", je suis venu pour jouer, c'est tout ce que j'ai à dire, maintenant je commence à jouer... c'est vraiment tout ce que j'ai à dire". Chapeau, Mister West. "Unusual Suspects" fait vraiment du bien à mes vielles oreilles. Oh, putain, que oui !

Parmi d'autres albums parfaitement recommandables, je citerai surtout "Guitarded" (2004) avec son "cover art" (sa pochette, quoi, merde) tout à fait auto-dérisoire, qui représente un logo de chaise roulante avec une silhouette jouant de la guitare !

unusus.jpglesliesolo.jpg

15:38 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |

21/05/2013

Ray Manzarek (1939-2013)

Le flamboyant Jim Morrison était la voix des Doors, Ray Manzarek en était la base sonore, le sage architecte en quelque sorte. Retirez les claviers et le son des Doors n'est plus rien. Sans son intro pianistique éthérée, un morceau comme "Riders on the Storm", le chef d'oeuvre final du groupe, serait plat et sans âme. Jim le démon à gueule d'ange, Ray le sage à tête de bon gendre. Le feu et l'eau.

Farewell, Ray. The Music is (définitivement) over, now.

14:22 Écrit par Tempus fugit | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/05/2013

Alela Diane fait sa cuisine

La sympa et jolie Alela Diane sortira en 2013 son 4ème album, l'année de son 30ème anniversaire. En attendant, la voici dans ses oeuvres à Taratata chantant Neil Young avec Moriarty. pas très neuf mais bien gentillet.


Tempus Fugit aime bien Alela. Mais j'ai tout de même été assez déçu par son concert à l'AB (2010, de mémoire), pour la simple raison que ses compositions se ressemblent toutes et que la scène n'apporte pas grand-chose à sa musique. J'espère donc être agréablement surpris dans quelques semaines. Et je suis persuadé que le jour où elle va se "lâcher" sur les planches, a star will be born, en quelque sorte.

De toutes façons, entre elle et les produits shobizzzzz (genre : de Vanessa Heaven à Carbraluni en passant par les Zazy's et les Mamy's ou les Rihonbeuroncé), y a pas photo : allez, Alela !

09:55 Écrit par Tempus fugit | Lien permanent | Commentaires (0) |

16/05/2013

Vieilles villes de m....

Nouveau jeu à la mode dans les media : dénigrer la ville de l'autre. Selon "Libération", Bruxelles n'est pas belle. Notre inénarrable "Dernière Heure" réplique ce matin par le titre "Paris, pourri". Photos à l'appui, bien sûr. Continuons : "Berlin, chagrin", "Amsterdam, sans âme", "London, ville de..."

Soyons allègrement bêtes et méchants, chauvins, mesquins, minables. Rampons au niveau zéro de l'information.

Bande son : "Dirty Old Town" (The Pogues) - "Vieille Ville de Merde" (Gilles Servat)

13:40 Écrit par Tempus fugit | Lien permanent | Commentaires (0) |

15/05/2013

Avec le temps, le retour (?)

Je suis surpris de voir qu'après tant d'années, ce blog reçoit toujours chaque jour entre 10 et 20 "visites". Le slogan "vivre, soit, mais en musique de préférence" reste sans doute d'actualité : "musique", cela va de soit, mais "vivre", aussi, et je vais probablement élargir le débat, si j'ose dire.

Le retour ? Je ne sais pas, je vais au moins essayer, parce que c'est plutôt rigolo d'écrire ce qu'on a envie d'écrire (à peu près) tous les jours.

Un petit cadeau de retour : cette superbe et pas neuve chanson d'Angelo Branduardi accompagné de la voix sublime de Teresa Salgeiro (Teresa qui sera en concert à l'AB le 31 mai prochain, nouveau disque solo, nouveau groupe). A très bientôt, donc.


23:57 Écrit par Tempus fugit | Lien permanent | Commentaires (0) |

22/06/2011

Avec le temps, LE RETOUR

Beaucoup de choses ont changé ici, et plutôt en bien. Peut-être vais-je tenter un retour...

15:43 Écrit par Tempus fugit | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/02/2008

Neil Young - Antwerpen, Stadsschouwburg, 11 février 2008

On ne parlera pas des sujets qui fâchent : le prix des places, le personnel de la salle qui ne permet même pas que le public se lève pour les rappels et la pauvre qualité (je suis miséricordieux) des chansons de Madame Young-Morton en première partie. Il faut croire que quand on aime, on ne compte plus et qu'on n'en a cure d'être traité comme un enfant de maternelle par des apprentis pions en chemise "stage crew". Mais les 2.000 personnes et plus qui remplissaient la magnifique salle du Stadsschouwburg d'Anvers lundi soir n'étaient pas là pour se laisser gâcher leur plaisir par de tels détails : Neil Young, c'est Neil Young. Une légende, peut-être la dernière rescapée des "sixties" qui ait su garder son intégrité physique et artistique plus ou moins intacte. Et Neil n'a pas déçu tout au long d'un concert de haute qualité, si on veut bien oublier toutefois que, contrairement à ses habitudes de près de 40 ans de carrière, la liste de ses chansons est restée cadenassée depuis sa tournée d'automne 2007. Après 55 minutes d'un set acoustique impeccable, sans faille, dont les sommets sont pour moi le prodigieux "Ambulance Blues", le méconnu "Sad Movies" et un "Journey through the past" dédié à sa grand-mère, qui était la seule musicienne de son village, comme il l'explique avec nostalgie devant le vieux piano qui devait ressembler au sien. Ça sonne superbement dans cette salle à l'acoustique de rêve et au public attentif et respectueux de l'artiste. Neil revient ensuite avec le groupe qui l'a accompagné sur son dernier album (excellent) "Chrome Dreams II" : Ralph Molina (le seul Crazy Horse qui soit de la partie, j'ajouterai "hélas") à la batterie, l'étrange Rick Rosas à la basse et le vieux complice Ben Keith à la guitare. Pas de grosse surprise, en fait, aucune surprise du tout pour qui connaissait les setlists de la tournée US. Sauf que "Mr Soul", en ouverture, remplace "The Loner". On a compris tout de suite que ça va ch...(anter fort et jouer haut). Le choix des chansons est toutefois discutable, avec les très molles "Bad fog of loneliness", "Winterlong", "Oh lonesome me", mais tout choix l'est, bien entendu. Ce qui est indiscutable par contre, c'est que le trio de chansons nouvelles (Dirty old man, Spirit road et No hidden path) se détache du set électrique : Neil et son Old Black sont en grande forme, ça dégage une énergie rock'n rollesque de haut vol et on est finalement surpris qu'une heure soit déjà passée quand s'achève le formidable "No Hidden Path", étiré sur près d'un quart d'heure au gré des solos inspirés du Neil. En rappel, "Cinnamon Girl" le fait un max, par contre, "Cortez the Killer", manifestement écourté, est un ratage désolant pour qui (j'en suis) font de cette chanson une des dix meilleures de l'histoire du rock. Il y a manifestement un problème de cohérence interne au groupe à ce moment précis. On le leur pardonne. On s'en serait bien repris une dose pour le show du lendemain au même endroit. Toutefois, à 138 euros la place (frais compris, tout de même), faut pas rire... Dommage : hier, il a joué trois titres de plus... Comme tempus fugit tout de même, qu'il a 62 ans et qu'il ne vient pas souvent en Europe, j'espère que ce ne sera pas mon dernier concert de Neil Young.

15:35 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : live, neil younguerie |

07/02/2008

ASA, par ASA (prononcer Asha)

album

Un très bel album à découvrir, et une vidéo pour se faire une opinion : 
http://www.naive.fr/sites/asa/spip.php?page=videos&la...

14:50 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : revue en vrac |

04/02/2008

Chats et tas d'âmes

C'est un moment fugace. Deux yeux d'or derrière une vitre. Monsieur Chat salue à sa manière Tempus Fugit, qui s'en va gagner ses croquettes à la sueur de son front. Un rituel répété tous les matins, immuable. Tempus, parfois, se surprend à faire un signe de la main en direction de la fenêtre. Et il a, parfois, le sentiment qu'un clignement d'yeux complice lui répond. Les maisons sans chat ont-elles vraiment une âme ? Pas plus sans doute que les maisons sans musique.

15:29 Écrit par Tempus fugit dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |

27/01/2008

Serge Utgé-Royo - Seraing, 26 janvier

Serge Utgé-Royo ne chante pas pour passer le temps. Né à Paris il y a 60 ans "d'un anarchiste catalan et d'une socialo de Castille", il est aujourd'hui dépositaire d'un répertoire unique partagé entre ses propres chansons et celles qui forment une sorte de mémoire sociale internationale, entre la Commune de Paris et la guerre d'Espagne. Depuis tant de temps que Léo est parti, et maintenant que Lluis Llach est à la retraite, il est peut-être le dernier des chanteurs libertaires, un pur et doux, déterminé et inébranlable dans ses combats et ses convictions depuis toujours. J'ajoute que sans doute, il a la plus belle voix de la chanson française actuelle.

Serge était en concert commun avec Christiane Stefanski ce 26 janvier au Centre Culturel de Seraing et je voulais simplement dire ici à quel point j'ai apprécié et comme c'est bon d'être assis dans une salle où on ne se sent pas con-sommateur anonyme. L'art de Serge Utgé-Royo est aux antipodes de l'image d'une chanson engagée pompeuse et ennuyeuse. Serge est libertaire, donc joyeux... "et c'est pour ça qu'il est toujours debout", aurait ajouté Léo. Son plus beau message, c'est en quittant la scène qu'il nous le livre : "dans la mesure du possible, et même de l'impossible, soyez heureux". On va essayer Serge, et tu sais que le bonheur pour tous n'est pas dans l'air du temps. 

Visitez son site, achetez ses disques (les "Contrechants de ma Mémoire vol.3", consacré à la Commune de Paris, sont sortis il y a peu) et surtout, n'hésitez pas à aller l'écouter. A Paris les 3 et 4 février, à Soignies et Charleroi notamment début mars.  

www.utgeroyo.com

serge023 b_390

21:45 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |

03/01/2008

Tempus Fugit Awards 2007

Les cd qui passèrent et repassèrent le plus souvent en 2007 et même que ça va continuer en 2008 pour la plupart d'entre eux :

- Neil Young, Chrome Dreams II

- Neil Young, Live at Massey Hall 1971

- Lucinda Williams, West

- Lluis Llach, Verges 2007

- Bruce Springsteen, Live in Dublin 

- Magyd Cherfi, Pas en vivant avec son chien

Concert "Tempus Fugit 2007" : Lucinda Williams au Muziekodroom à Hasselt, 15/11/2007 - il faut reconnaître aussi que ce fut mon seul concert de l'année. 

Les "peuvent faire mieux" 2007 : Katie Melua ("Pictures"), KT Tunstall ("Drastic Fantastic") ; charmantes, ces jeunes filles ne se sont guère renouvelées dans leur dernier album, mais elles ont encore du temps devant elles et du crédit pour devenir aussi grandes qu'on l'espère.

Les "ex-voix" 2007 : Renaud et Bob Dylan n'ont plus de voix ; il faut parfois savoir reconnaître que nos idoles ont pris du lest.

Le spectacle télévisé le plus lamentablement poujadiste de l'année : François Pirette sur RTL-TVI, décembre 2007. 

La reprise de l'année : Cassandra Wilson, "Harvest Moon" (Neil Young), de la b.o. du film "My blueberry nights" (Wong-Kar-Waï)

Les chansons de l'année :  Verges 2007 (Lluis Llach), Ordinary people (Neil Young), West (Lucinda Williams)

16:41 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : awards |

18/12/2007

Ferré, tu me manques, des fois

Je veux être drapé de noir et de raison
Battre de l'aile au bord de l'enfer démocrate
Et cracher sur Trotski sur Lénine et Socrate
Et qu'on dise de moi " Mon Dieu qu'il était con! "
" Il n'aimait rien de ce que l'on nous fait aimer
Et marchait seul, devant, le poing dans l'utopique
Il croyait que l'amour c'est comme la musique
Alors que votre amour s'est immatriculé "

(Léo Ferré, Quand je fumerai autre chose que des Celtiques, extr) 

medium_photo13

16:24 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : exultation solitaire, ferre, leo |

17/12/2007

Tempus Fugit se lâche

Je n'ai jamais supporté d'entendre Carla Bruni chanter. Franchement, ce n'est pas aujourd'hui que ça va changer.Horreur !Horreur !Horreur !

15:43 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vomi mon quatre heures |

05/12/2007

Délires urbains

J'erre parmi les automates, en ce jour de pâle automne. Les regards que je croise n'ont plus cillé depuis longtemps. Ces coeurs ont-ils battu, un jour ? Ces poumons ont-il respiré, des fois ?
"Et chacun rentre CHEZ son automobile", psalmodie Nougaro à mon oreille.

Gare, trains bondés. Ils piaffent, piétinent, écrasent mon cor. Ils rotent et éructent. Ils bousculent, prennent le wagon d'assaut. Bêlez, moutons, courez vers vos précipices.
"Dans le souffle affolant de la loco, l'Homme, ce loser universel, s'encourt droit vers sa mort. Pas moyen de freiner. Pas moyen." (Jethro Tull, Locomotive Breath)

J'aurais pu, comme les anges des "Ailes du Désir", avoir le don de capter les pensées des gens. Mais voilà, un dieu facétieux m'a glissé un tout autre capteur dans l'occiput. J'entends des chansons. Rien que des chansons. Je suis hanté. Me voilà devenu juke-box humain !
"How can the wind with so many around me ? Lost in the city." (Yes, Heart of the Sunrise)

Au détour d'un quai, j'ai croisé la Fanette qui prenait sa correspondance pour Blankenberghe. Je suis entré dans un bar où jouait un limonaire, comme à Ostende, comme partout. Blanc comme un cierge de Pâques, j'ai regardé passer les gens en sirotant ma Sttellla : Frida la blonde, belle comme un été... et puis un gentleman fatigué, dans son vieil imper bleu élimé aux épaules... un vieil homme qui, sous sa crinière blanche, marmonnait "il n'y a plus rien"... et celui-là, sous son bonnet de laine, un sourire tendre au bout des lèvres... "t'estimo, si"...

Tourne, tourne, le carrousel du temps, tournez, chevaux peints, chante, Joni, chantez Georges, Buffy, Neil, et tant d'autres.

Merde ! Je crois bien que j'ai raté mon dernier train.

13:11 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : flaneries |

19/11/2007

Lucinda Williams - Hasselt, Muziekodroom, 15/11/2007

Un an presque jour pour jour après sa visite à l'AB (excellent concert, quoique un peu court), Lucinda Williams revenait en Belgique pour un concert unique à Hasselt. Autant dire tout de suite que Lu n'a pas déçu dans cette petite salle toute simple, presque spartiate, où le contact avec le public est quasi physique. Deux heures de musique solide, carrée, 80% rock et 20% country, deux heures de plaisir partagé entre un public de connaisseurs et un groupe manifestement heureux d'être là, emmené par Doug Pettibone, un guitariste remarquable qui a depuis quelques années apporté beaucoup aux prestations de la quinqua la plus sexy d'outre Atlantique. Adorable, gentille, presque timide, l'esprit très clair (sans doute plus que l'an dernier...), Lucinda a parcouru en bavardant pas mal aussi un répertoire qui s'étoffe au fil des années, depuis son plus récent cd "West" (magnifique) en remontant jusqu'aux temps préhistoriques où elle faisait du blues sans grand succès. Beaucoup de moments forts dans ce concert, les locomotives habituelles bien sûr, "Right in Time", "Come on", "Essence", "Joy", quelques titres moins convenus (un superbe "Are you down", "Overtime", "I lost it"...) pour terminer sur un "Unsuffer me" de feu où on la sent possédée par son sujet (de son propre aveu, une chanson sur la rédemption spirituelle). Parmi ses références auto-proclamées, moins pour leur style de musique que pour une certaine liberté d'esprit) : Bob Dylan, Neil Young, Bruce Springsteen et Jim Morrison.

On peut difficilement rêver mieux, évidemment.

Love, peace and revolution !

lu

15:14 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : concert |

09/11/2007

Neil Young, les Rêves Chromés #2

neilyoung_afpgetty

Ah, nom de Dieu ! Voilà une nouvelle qu'elle est bonne ! Neil Young n'est pas mort, ni même assoupi sur ses lauriers de légende du rock ! Après quelques oeuvres moyennes, pour ne pas dire, parfois, à la limite de l'ennui, le Vieux, le Solitaire de Topanga, nous sort un cd du feu de Dieu. ENFIN ! Et il sort, après 20 ans de mise au frigo pour des raisons qui n'appartiennent qu'à lui et à sa grande tête de mule, l'enregistrement de ce qui est sans doute une des dix meilleures chansons de l'ère rock, que les inconditionnels ne connaissaient que par quelques très rares exécutions publiques enregistrées à la sauvette : "Ordinary People" éclate sur ce disque pendant 18 minutes d'un plaisir absolu, dans des explosions de cuivres et de guitare à vous laisser sur le cul jusqu'à la fin des temps. Ah, le salaud... il nous balance tout ça, en plus, sur un dvd bonus au son d'enfer agrémenté de photos d'art de sa collection de vieilles voitures. Il nous remet ça avec un autre inédit mythique, "Boxcar", et de nouvelles compositions dont certaines peuvent paraître fades ("The Believer"), ou anecdotiques ('Dirty Old Man"), mais qu'on oublie aussitôt pour ne retenir que le meilleur, et par exemple ce "No Hidden Path" qui rappelle immanquablement ses plus belles envolées de la grande époque (et en particulier "Down by the River"). On en veut ENCORE !

Ce mec n'est vraiment pas un mec ordinaire... 

chromedreams MoqueurMoqueurMoqueur

 Neil Young - Chrome Dreams II

18:13 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : neil young |

26/10/2007

Lluis Llach - Verges 2007

Senzillament se'n va la vida, i arriba
com un cabdell que el vent desfila, i fina.
Som actors a voltes,
espectadors a voltes,
senzillament i com si res, la vida ens dóna i pren paper

(Lluis Llach, Un Nuvol blanc)

A chaque fois, lorsque j'entends ces mots et la musique qui les porte, sublime et comme tombée du ciel, je m'étonne de la profonde émotion qui me prend quelque part entre les tripes et le coeur. Je ferme les yeux et, dans mon silence intérieur, j'interdis à quiconque l'entrée de ma bulle de bonheur, sans doute parce que je ressens comme une infirmité mon impuissance à la faire partager autour de moi. Ces mots pourtant ne sont pas écrits dans ma langue, et, d'une certaine manière, je ne suis pas supposé les comprendre. En trente ans d'admiration pour Lluis Llach, j'ai heureusement eu l'occasion de travailler un tout petit peu "mon" catalan, intuitivement souvent, parfois en consultant un dictionnaire en ligne et aussi parce que d'autres passionnés ont fait le même chemin que moi, dans leur bulle à eux. Dans les éditions vinyl du Chant du Monde, il y avait aussi de remarquables traductions littérales des chansons de Lluis. Et puis, ça devait bien un jour servir à quelque chose d'avoir fait du latin.
 
J'ai longtemps attendu qu'on me livre enfin ce triple CD consacré aux deux dernières prestations en public de Lluis Llach, en mars de cette année, dans son village natal de Verges. D'abord annoncé comme épuisé, puis à nouveau disponible, le coffret s'est ensuite perdu et a voyagé pendant trois semaines dans les impénétrables labyrinthes d'un livreur de plus en plus fantasque dans le nom comme par k et se termine par a. Depuis hier, je suis comblé. Deux heures quarante de plaisir, d'émotion, de bonheur que je ne vois pas comme un point final, mais comme un nouveau départ dans mon amour pour l'oeuvre de cet homme étonnant qui n'a jamais écrit que dans sa langue natale, comprise de quelques millions de gens à peine et qui peut cependant prétendre sans détour au titre de poète universel.

Alors que Franco pètait encore de santé, de morgue et de haine dans cette Espagne scandaleuse qui garrotait des jeunes de mon âge, syndicalistes ou étudiants, anarchistes ou pas, j'ai découvert Lluis Llach à travers ses chansons mythiques de combat dont "L'Estaca", l'oratorio "Campanades A Morts" ou l'ironique "La Gallineta". Après, j'ai progressivement pris la mesure de l'oeuvre du poète et du compositeur à travers de pures merveilles comme "Un nuvol blanc", déjà cité, "Com un arbre nu", au dépouillement quasi métaphysique, ou cette oeuvre majeure qu'est "Viatge a Itaca", adaptée d'un poème de Kavafis. J'ai suivi Lluis à travers les années, non comme un chien suit son maître car je récuse l'étiquette de "fan, mais comme on cherche, engourdi par l'hiver, la chaleur du soleil qui nous fait renaître, encore et toujours, à la vie. Cette musique, cette poésie, cette voix, j'en ai besoin à intervalles réguliers pour survivre au monde qui m'entoure, comme on a besoin d'un coeur qui bat, de pain, de vin et de l'amour de ceux qui comptent pour nous.

"Verges 2007" est, bien entendu, un coffret vital. Pour moi, au moins, pour quelques autres, j'espère.

Je voudrais rappeler à cette occasion qu'il existe depuis peu un site non officiel (et un blog) en français consacré à Lluis Llach, site remarquable, appelé sans doute à grandir encore, qui est l'oeuvre d'une passionnée. On y trouve notamment des traductions de chansons. On y trouve, aussi et surtout, la plus belle approche qu'on puisse concevoir de "ce langage de l'âme qui ne connait pas de frontières", comme le dit superbement Katia, que je salue ici avec amitié et gratitude.

http://www.lluisllach.fr/
http://www.lluis-llach.blog.fr/

llusllachverges2007fronbq1

17:28 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : lluis llach |

24/10/2007

Mr(s) Big (wo)Man

Bien partie, sans doute, mais peut-être trop vite, Hillary s'attaque à l'Everest de la présidence des Etats-Unis, les poches pleines de son divin pognon et la conscience rongée par ses contradictions (pour ou contre la guerre selon l'époque et ses intérêts électoraux). Finalement, la seule bonne nouvelle dans tout ça, c'est que Dick Cheney est trop malade pour se présenter en 2008. Ouf !
Ces histoires de pouvoir, ça me donne envie de réécouter, en vrac, "Ni Dieu ni Maître", "L'Estaca" et une bonne vieille chanson des Kinks, pas très connue, simple et couillue néanmoins, dans un déluge de guitares électriques bien grasses comme on aime.  
--------------------

raydavies

Mr Big Man (Ray Davies)

I remember when you started out,
You were the best friend i ever knew.
I tried to meet you when you had your success,
But you had better things to do.
Now i bet that you're losin' count
Of the people that you used.
But now we're gonna see the vicious side of you,

Mister big.
You've got the say and the power.
Your minions grovel and cower.
But i see you, and i see me.
But you're the big man now.
You got it, mister big.
Your followers kiss your hand,
And your slaves all at your feet.
Your minions serve your beck and call,
But they don't compensate at all,
'cause inside, mister big's very small.

When you were poor and knockin' at the door,
You were really lots of fun.
But now you're hot and you're sittin' on the top;
You've got no time for anyone.
You schemed and connived.
You pushed and you lied,
Till you at last became a star.
But now we're gonna see the way you really are,

Mister big.
Now your vict'ry is complete
And your battles are all won.
Your enemies and foes are all stacked up in rows,
Eliminated one by one.
You got it, mister big.

14:38 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : acturock |

12/10/2007

ALT,V,TVB fait sa Révolution

Ce blog s'endort. Il faut se révolter contre là dessus, camarad-euhs ! revolutionOuais, enfin, pas à ce point-là peut-être, mais tout de même. Tempus Fugit a donc réuni son Comité Central (lui-même, son ombre et son chat) et a décidé unilatéralement d'élargir ses horizons à bien d'autres sujets, ceux qui lui passeront par la tête, tout en conservant une ambiance axée principalement sur la musique. Tempus, il faut l'avouer, est sur les nerfs ces derniers temps : son "Lluis Llach - Verges 2007", qu'il a essayé trois fois de commander sur un site français compétent, dont deux fois en vain pour cause de stock rupturé, est en chemin mais ne se décide pas à arriver. Et Tempus, ça l'énerve, on peut pas savoir ! Par contre, hier, il a reçu le DVD "Les Ailes du Désir", son film favori de tous les temps, et il est content, il pourra le regarder quand il veut, oh putain, que c'est bon.

Et aujourd'hui, Tempus est un peu content dans sa tête : donner le Nobel de la Paix à Al Gore, ma foi, c'est une idée honorable. Ce brave Al avait déjà perdu l'élection présidentielle US en faisant plus de voix que son crétin d'adversaire, (celui qui ment, là, j'ai oublié son nom, flute...). Alors rien qu'imaginer la tête de ce crétin-là (son nom m'échappe décidément, mais vous voyez bien, hein, la tête de noeud, là ?) en apprenant la nouvelle, ça a de quoi illuminer un peu une journée bien morne par ailleurs, même si je la souhaite excellente à ma cellule de lecteurs, -trices et à leurs familles.

(bande son : Neil Young and Crazy Horse)

15:50 Écrit par Tempus fugit dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : pas musique la |

01/10/2007

Chansons de légende (5) : REDBONE, The witch queen of New Orleans (et quelques autres)

3315521_th

Ce disque s'appelle "Message from a drum" et est signé REDBONE, un groupe composé d'authentiques Peaux-Rouges qui a eu son heure de gloire au début des seventies. Je l'ai réécouté tout à l'heure, après plusieurs années d'oubli dans ma (vaste) discothèque et je le trouve toujours aussi bon. En faisant quelques recherches, j'ai appris que le tout premier Redbone (album éponyme, 1970) avait été réédité l'an dernier. Une bonne nouvelle. Le suivant, "Potlach", reste toujours introuvable et celui-ci, le troisième, serait encore disponible. Il contient une chanson extraordinaire, qui fut un gros succès à sa sortie : "Witch Queen of New Orleans", au riff ravageur et très couleur locale. Le lecteur curieux pourra en apprécier tout le charme sur cette vidéo de qualité moyenne :  http://www.youtube.com/watch?v=1LLEHtDcOG0 L'étrangeté de Redbone, c'est l'attirance que ce groupe atypique éprouvait pour le beat "disco". Il a ainsi commis son plus gros "hit" ("Come and get your love") sur ce canevas et autant dire que cette facette de redbone ne me plaît guère : http://www.youtube.com/watch?v=-7eloXr2iak Je préférais de loin ce "We were all wounded at Wounded Knee" qui fait référence à un événement tragique de l'histoire des Native Americans : http://www.youtube.com/watch?v=LwQ-y47ROaU

00:31 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chansons de legende |

29/09/2007

Loreena McKennitt : Nights from the Alhambra (CD+DVD)

nightsfromthealhambra

Le "package" CD live + DVD devient de plus en plus fréquent et c'est une très bonne nouvelle (voir notamment le Springsteen Live in Dublin ou le Neil Young Live at Massey Hall). Ce concert de Loreena McKennitt à l'Alhambra de Grenade en septembre 2006 est un vrai bonheur pour tout qui aime la musique. Cadre sublime, musiciens fabuleux jouant d'instruments variés et bizarres, tout est réuni pour donner à Loreena l'occasion de montrer toute l'étendue de son art vocal et instrumental. Canadienne d'origine irlando-écossaise, elle mélange avec grâce ses influences celtiques à des accents méditerranéens. 

Ce concert est un pur chef d'oeuvre. 

23:20 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : revue en vrac |

14/09/2007

Il y a 35 ans et 1 jour : YES - Close to the Edge

Yes-close

 1. "Close to the Edge" (Jon Anderson, Steve Howe) – 18:44
          * "The Solid Time of Change"
          * "Total Mass Retain"
          * "I Get Up I Get Down"
          * "Seasons of Man"

   2. "And You and I" (Anderson; Themes by Bill Bruford, Howe, Chris Squire) – 10:09
          * "Cord of Life"
          * "Eclipse" (Anderson, Bruford, Howe)
          * "The Preacher the Teacher"
          * "Apocalypse"
   3. "Siberian Khatru" (Anderson; Themes by Anderson, Howe, Rick Wakeman) – 8:55

------------------------ 

.... et 35 ans plus tard, YES existe et tourne toujours et la voix de Jon Anderson n'a pas pris (si on ose dire) une ride. "Close to the Edge" a été élu, en 2006, "meilleur album de rock progressif de tous les temps". Ce qui signifie que même dans l'Antiquité gréco-romaine (ou on lançait pourtant volontiers le disque) ou au Moyen-Age, aucun groupe de rock progressif n'a fait mieux ! Bravo, les gars : impressionnant !

Blague à part, c'est un sacré p.... de b.... de m.... d'album.

11:01 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ma bo |

07/09/2007

In Memoriam : Warren Zevon (1947-2003)

Aujourd'hui, une pensée pour Warren Zevon, pour le 4ème anniversaire de sa mort. 

Warren+Zevon+

Roland The headless Thompson Gunner, 11 mois avant sa mort :

http://www.youtube.com/watch?v=WhRRWwH3Fro

Warren avait un humour caustique et sans pitié, surtout pour lui-même. Quand on lui demande comment il va, alors qu'il est déjà très malade, il répond "I enjoy every sandwich".  On peut retrouver d'autres vidéos plus représentatives ici ("Roland..." était assez pollué par les violons sur la version ci-dessus) :

"Splendid Isolation" :

http://www.youtube.com/watch?v=SxBHpYlDOfw

"Mohammad's Radio" en duo avec Jackson Browne : 

http://www.youtube.com/watch?v=d-Qe_c-Y7Hw

Et ici, l'hommage en photos d'un fan sur la musique de "I'll sleep when I'm dead" : 

http://www.youtube.com/watch?v=ar_QsojM30k

01:06 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nostalgie |

28/08/2007

Chansons de légende : 4. Universal Soldier (Buffy Sainte Marie)

Popularisée par Donovan qui en fait une reprise sur un EP anglais en 1965, cette chanson fut pourtant écrite par Buffy Sainte Marie en 1964 et publiée sur son tout premier album "It's my way".  Les mots sont simples mais le propos plus profond qu'il y paraît. Il n'y est pas seulement question de pacifisme et de stigmatisation de la guerre, mais aussi de la nature belliqueuse de l'être humain et de responsabilité collective.  Une fois encore, aucune ligne n'en est aujourd'hui obsolète.

La version de Donovan :
http://fr.youtube.com/watch?v=IrPB8TPgs9U
Et celle de Buffy :
http://fr.youtube.com/watch?v=fRta79wgILA

Universal Soldier

He's five foot-two, and he's six feet-four,
He fights with missiles and with spears.
He's all of thirty-one, and he's only seventeen,
Been a soldier for a thousand years.

He's a Catholic, a Hindu, an Atheist, a Jain,
A Buddhist and a Baptist and a Jew.
And he knows he shouldn't kill,
And he knows he always will,
Kill you for me my friend and me for you.

And he's fighting for Canada,
He's fighting for France,
He's fighting for the USA,
And he's fighting for the Russians,
And he's fighting for Japan,
And he thinks we'll put an end to war this way.

And he's fighting for Democracy,
He's fighting for the Reds,
He says it's for the peace of all.
He's the one who must decide,
Who's to live and who's to die,
And he never sees the writing on the wall.

But without him,
How would Hitler have condemned him at Dachau?
Without him Caesar would have stood alone,
He's the one who gives his body
As a weapon of the war,
And without him all this killing can't go on.

He's the Universal Soldier and he really is to blame,
His orders come from far away no more,
They come from here and there and you and me,
And brothers can't you see,
This is not the way we put the end to war.
universalsoldier_10488

14:36 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chansons de legende |

24/08/2007

Chansons de légende : 3. Ordinary Man (Christy Moore)

Christy Moore, 62 ans aujourd'hui, membre fondateur du groupe irlandais Planxty dont il fit partie jusqu'en 1975. "Ordinary Man" fut considérée comme une chanson anti-Thatcher, au temps noir de Maggy. Hélas, elle est bien trop universelle pour être démodée.

En vidéo : http://fr.youtube.com/watch?v=2YjdIndeYxw

christy_moore_340x270
 

-----------------------------------
ORDINARY MAN

I'm an ordinary man, nothing special nothing grand
I've had to work for everything I own
I never asked for a lot, I was happy with what I'd got
Enough to keep my family and my home
Now they say that times are hard and they've handed me my cards
They say there's not the work to go around
And when the whistle blows, the gates will finally close
Tonight they're going to shut this factory down
Then they'll tear it d-o-w-n

I never missed a day nor went on strike for better pay
For twenty years I served the best I could
Now with a handshake and a check it seems so easy to forget
Loyalty through the bad times and through good
The owner says he's sad to see that things have got so bad
But the captains of industry won't let him lose
He still drives a car and smokes his cigar
And still he takes his family on a cruise, he'll never lose

Well it seems to me such a cruel irony
He's richer now than ever he was before
Now my check is spent and I can't afford the rent
There's one law for the rich, one for the poor
Every day I've tried to salvage some of my pride
To find some work so I can pay my way
Oh but everywhere I go, the answer's always no
There's no work for anyone here today, no work today

And so condemned I stand, just an ordinary man
Like thousands beside me in the queue
I watch my darling wife trying to make the best of life
And Lord knows what the kids are going to do
Now that we are faced with this human waste
A generation cast aside
And as long as I live, I never will forgive
You've stripped me of my dignity and pride, you've stripped me bare
You've stripped me bare, you've stripped me bare.

© Christy Moore

11:29 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : chansons de legende |

31/07/2007

Dans les valises de Tempus Fugit...

...il y aura : du Wilco, du Neil Young beaucoup, du Katie Melua, du Talking Heads, et un raton laveur...

...du Lucinda Williams, du Léo Ferré, du Brassens, du Diana Krall, du Procol Harum, et un raton laveur...

...de l'Alan Stivell, du Bruce Springsteen, du Lluis Llach, du Maria del Mar Bonet, du Heather Nova, et un raton laveur...

...de l'Aimee Mann, de l'Albert King, du Muddy Waters, du Robert Johnson, et un raton laveur...

A bientôt, gentils lecteurs.

 

14:36 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |

18/07/2007

L'été d'Arte

Hier soir, ARTE entamait son "Summer of Love" par la diffusion de deux films qui font partie de la légende du rock ("Gimme Shelter" et "Jimi plays Monterrey") Excellent choix qui montre deux faces bien différentes d'une époque folle et révolue. Monterrey 67, un public étrangement sage qui semble bien loin de se rendre compte qu'il vit une page d'histoire avec la prestation flamb(oy)ante d'un Hendrix maître absolu de son art, possédé par sa guitare dont il tire sans même paraître la toucher des sons d'un autre monde, et qui n'a plus que trois ans à vivre. Altamont 69, la dérive finale d'un rêve fou mais impossible, qui se termine dans le sang sous les yeux d'un Mick Jagger abruti, dépassé par les événements, marionnette sordide et robotisée qui se remet en marche dès que la musique reprend alors qu'on assassine un homme sous ses yeux. Image terrible, quand la caméra croise le regard vide et lointain de Mick qui vient de visionner la scène fatale et qui comprend enfin. John Lennon pourra bientôt dire "The dream is over" : il est mort ce soir-là à Altamont.

La semaine prochaine, ARTE diffuse le beau film de Milos Forman "Hair".

Altamont

Les Stones à Altamont

 

 

 

11:56 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) |

09/07/2007

Chansons de légende : 2. Suzanne (Leonard Cohen)

Leonard Cohen considère "Suzanne" comme son chef d'oeuvre. Le texte fut d'abord publié sous la forme d'un poème en 1966 sous le titre "Suzanne takes you down" avant d'être enregistré, dans sa version chantée, par Judy Collins, avant même la sortie du premier disque de Leonard ("Songs of Leonard Cohen"). Il raconte la rencontre de Leonard avec la femme d'un de ses amis artistes, à Montréal. Cette jeune femme s'appelait Suzanne Verdal McAllister.

verdal

Contrairement à ce que la chanson peut laisser croire, la rencontre ne se termina pas par une aventure charnelle, les deux protagonistes étant d'accord sur ce point. Cohen, séducteur compulsif s'il en est, prétend qu'il n'a fait qu'imaginer avoir couché avec Suzanne. La chanson traduit une relation fusionnelle de deux esprits dans ce qui peut être, finalement, la forme sublimée de l'amour.
L'histoire réelle de Suzanne Verdal est pathétique et tragique. Danseuse, elle fut réduite à l'inactivité par un grave accident de la circulation avant de sombrer dans le dénuement et la dépression. Elle est toujours en vie aujourd'hui, sans abri, et vit dans sa voiture quelque part en Californie. Elle n'a jamais revu Leonard ou, plus exactement, il ne l'a pas reconnue ou n'a pas voulu la reconnaître lorsque leurs chemins se sont croisés par hasard bien longtemps après. On peut trouver son interview ici : http://www.leonardcohenfiles.com/verdal.html
Elle garde de la chanson et de Leonard un souvenir à la fois tendre et amer. Suzanne SDF, Leonard ruinée par sa manager. Les chefs d'oeuvre ont parfois des relents aigres. Mais ils survivent aux bassesses de notre monde. C'est sans doute cela qu'on appelle, en art, l'immortalité.

 

Suzanne takes you down to her place near the river
You can hear the boats go by
You can spend the night beside her
And you know that she's half crazy
But that's why you want to be there
And she feeds you tea and oranges
That come all the way from China
And just when you mean to tell her
That you have no love to give her
Then she gets you on her wavelength
And she lets the river answer
That you've always been her lover
And you want to travel with her
And you want to travel blind
And you know that she will trust you
For you've touched her perfect body with your mind.
And Jesus was a sailor
When he walked upon the water
And he spent a long time watching
From his lonely wooden tower
And when he knew for certain
Only drowning men could see him
He said "All men will be sailors then
Until the sea shall free them"
But he himself was broken
Long before the sky would open
Forsaken, almost human
He sank beneath your wisdom like a stone
And you want to travel with him
And you want to travel blind
And you think maybe you'll trust him
For he's touched your perfect body with his mind.

 

Now Suzanne takes your hand
And she leads you to the river
She is wearing rags and feathers
From Salvation Army counters
And the sun pours down like honey
On our lady of the harbour
And she shows you where to look
Among the garbage and the flowers
There are heroes in the seaweed
There are children in the morning
They are leaning out for love
And they will lean that way forever
While Suzanne holds the mirror
And you want to travel with her
And you want to travel blind
And you know that you can trust her
For she's touched your perfect body with her mind.

------------------------------------

Dans l'excellente adaptation française (chantée par Graeme Allwright et Françoise Hardy notamment) qui serait signée Gérard Langevin :

Suzanne t'emmène écouter les sirènes
Elle te prend par la main
Pour passer une nuit sans fin
Tu sais qu'elle est à moitié folle
C'est pourquoi tu veux rester
Sur un plateau d'argent
Elle te sert du thé au jasmin
Et quand tu voudrais lui dire
Tu n'as pas d'amour pour elle
Elle t'appelle dans ses ondes
Et laisse la mer répondre
Que depuis toujours tu l'aimes

Tu veux rester à ses côtés
Maintenant, tu n'as plus peur
De voyager les yeux fermés
Une flamme brûle dans ton cœur

Il était un pêcheur venu sur la terre
Qui a veillé très longtemps
Du haut d'une tour solitaire
Quand il a compris que seuls
Les hommes perdus le voyaient
Il a dit qu'on voguerait
Jusqu'à ce que les vagues nous libèrent
Mais lui-même fut brisé
Bien avant que le ciel s'ouvre
Délaissé et presqu'un homme
Il a coulé sous votre sagesse
Comme une pierre

Tu veux rester à ses côtés
Maintenant, tu n'as plus peur
De voyager les yeux fermés
Une flamme brûle dans ton cœur

Suzanne t'emmène écouter les sirènes
Elle te prend par la main
Pour passer une nuit sans fin
Comme du miel, le soleil coule
Sur Notre Dame des Pleurs
Elle te montre où chercher
Parmi les déchets et les fleurs
Dans les algues, il y a des rêves
Des enfants au petit matin
Qui se penchent vers l'amour
Ils se penchent comme ça toujours
Et Suzanne tient le miroir

Tu veux rester à ses côtés
Maintenant, tu n'as plus peur
De voyager les yeux fermés
Une blessure étrange dans ton cœur

15:03 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : chansons de legende |

27/06/2007

Chansons de légende : 1. Where have all the flowers gone ?

Pete Seeger écrivit cette chanson sur un argument simple, celui d'une chanson populaire ukrainienne évoquée dans "Le Don Paisible", de Mikhaïl Cholokhov : "les filles ont coupé toutes les fleurs, elles les ont données aux jeunes gens, qui sont tous partis à la guerre".  Il n'y accorda guère d'importance, l'enregistra dans un medley puis l'oublia, jusqu'à ce que le Kingston Trio se l'approprie en 1961. A la demande de Pete, ils retirèrent aussitôt leur nom de la chanson. Joe Hickerson y ajouta deux strophes par la suite.
"Where have all the flowers gone" est l'archétype de la chanson pacifiste, née pendant la guerre froide, symbole d'un combat qui fut et est toujours celui de ce vieil homme au banjo qui est la mémoire et la conscience d'une Amérique qui en a bien besoin. On peut remarquer qu'elle est vierge de tout slogan et que l'être humain en est le seul sujet, passif certes, écrasé par la folie d'un monde qui le dépasse.
Dans son autobiographie "And a voice to sing with...", Joan Baez raconte qu'un jour, dans les années 70, elle joue dans un festival en Allemagne et passe entre deux groupes rock. Elle est huée car le public, jeune et passablement émèché, la considère comme une artiste dépassée. Ils ne sont pas venus pour ce type de musique d'un autre âge. Joan chante alors "Sag mir wo die Blumen sind", la version allemande. Le silence se fait. On l'écoute. Elle est applaudie à tout rompre. Quand elle quitte la scène, tout le monde, son équipe, son manager, elle-même, pleure.
"Where have all the flowers gone" a été repris par de nombreux artistes. On peut trouver sur YouTube toutes les plus célèbres interprétations. J'ai une tendresse particulière pour la version de Peter, Paul & Mary (avec Pete Seeger) parce qu'elle est récente (2006) et qu'on peut voir et entendre ces artistes exceptionnels, témoins et acteurs d'une époque révolue, sur lesquels le temps a fait physiquement son oeuvre, chanter avec une voix et des convictions absolument intactes. Le public, toutes générations confondues, reprend en choeur et communie. On y ressent l'émotion dans chacun de leurs gestes, dans chaque note, dans chaque inflexion de voix : http://www.youtube.com/watch?v=cLe9pJSRas0
Autres versions : Mary Travers & The Kingston Trio http://www.youtube.com/watch?v=vg8Db7VNgL0
Marlène Dietrich (version allemande) : http://www.youtube.com/watch?v=RPSmrb82ocM
Joan Baez (2005) : http://www.youtube.com/watch?v=sKvdPsnkPC0
Pete Seeger (1968) : http://www.youtube.com/watch?v=RhlOJm9nkwM

flowers2


Where have all the flowers gone?
Long time passing.
Where have all the flowers gone?
Long time ago.
Where have all the flowers gone?
The girls have picked them ev'ry one.
Oh, when will you ever learn?
Oh, when will you ever learn?

Where have all the young girls gone?
Long time passing.
Where have all the young girls gone?
Long time ago.
Where have all the young girls gone?
They've taken husbands, every one.
Oh, when will you ever learn?
Oh, when will you ever learn?

Where have all the young men gone?
Long time passing.
Where have all the young men gone?
Long time ago.
Where have all the young men gone?
They're all in uniform.
Oh, when will you ever learn?
Oh, when will you ever learn?

------ Hickerson's adds------------

Where have all the soldiers gone?
Long time passing.
Where have all the soldiers gone?
Long time ago.
Where have all the soldiers gone?
They've gone to graveyards, every one.
Oh, when will they ever learn?
Oh, when will they ever learn?

Where have all the graveyards gone?
Long time passing.
Where have all the graveyards gone?
Long time ago.
Where have all the graveyards gone?
They're covered with flowers, every one.
Oh, when will they ever learn?
Oh, when will they ever learn?

Where have all the flowers gone?
Long time passing.
Where have all the flowers gone?
Long time ago.
Where have all the flowers gone?
Young girls picked them, every one.
Oh, when will they ever learn?
Oh, when will they ever learn?

14:28 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : chansons de legende |

18/06/2007

Un Boss d'enfer

"Live in Dublin" - Bruce Springsteen & the Sessions Band (2cd + 1dvd)

Bruce Springsteen: Live in DublinIl n'y a quasiment pas de mots pour qualifier cette chose. Et en particulier le DVD, car ce sont les CD qui, finalement, apparaissent comme le bonus de ce concert euphorique. Le Boss est décidément le meilleur performer actuel sur cette planète. Dans la foulée de son cd studio des Seeger Sessions, il s'est mis sur la route avec un groupe de musiciens exceptionnels pour une tournée mondiale dont ce "Live in Dublin" est la traduction en images et en sons. Ça ne ressemble à rien d'autre. Ça traverse et transcende tous les genres, du folk au rock en passant par le gospel et le jazz. C'est unique. Ça rend, tout simplement, heureux. Surtout, n'achetez pas la version "audio seule" : le DVD est un "must" absolu (le tout pour moins de 25 €, et si vous chanterez sans aucun doute avec les autres "Pay me my money down", je suis sûr que vous n'en penserez pas un mot).

Dans la foulée, on peut redécouvrir, par Pete Seeger himself, un des meilleurs live du siècle dernier, le "Live at Carnegie Hall" de 1963. Que doit penser le vieux Pete (89 ans) de ceci, lui qui, jadis, voulut trancher à la hache le cable de l'ampli de Bob Dylan quand il s'était "électrifié" au festival de Newport ? Je ne sais pas mais en tout cas, mon avis est que seuls les plus grands peuvent re-créer et être re-créés de la sorte.

11:22 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : revue en vrac |