10/05/2006

Lluis Llach - Stade de Barcelone (1985)

1. Venim del nord, venim del sud
2. Que tinguem sort
3. Un núvol blanc
4. No abareteixis el somni
5. El jorn dels miserables
6. Maremar
7. Vaixell de Grècia
8. I amb el somriure, la revolta
9. Abril 74
10. Campanades a morts (fragment)
11. Bressol de tots els blaus
12. Amor particular
13. Ítaca (fragment)
14. Cant de l'enyor
15. L'estaca


Personne, ou presque, ne connaît Lluis Llach sous nos cieux. Dans la mesure où il n'a jamais écrit ni chanté qu'en catalan, ce n'est pas une surprise, même si son exil parisien pendant les années de plomb du franquisme l'a fait connaître en France aussi. Pourtant, Lluis est sans doute l'égal des plus grands auteurs-compositeurs de notre époque, Bob Dylan, Leonard Cohen ou Leo Ferré. A son art musical et poétique d'une subtilité rare, il a toujours associé un engagement libertaire tirant sa plus grande force de sa sérénité non violente. Légende vivante de la culture catalane, Lluis a reçu de son peuple le plus bel hommage qui soit : le 6 juillet 1985, 120.000 personnes (on croit rêver) viennent l'applaudir au "Nou Camp" de Barcelone. C'est ce concert qui a été enregistré et est devenu un double lp d'abord, un simple ou double cd ensuite. Plusieurs versions existent, et il faut bien reconnaître que la discographie de Lluis est, au nord des Pyrénées, assez confuse, au gré des rééditions. J'ai longtemps torturé un disquaire liégeois pour qu'il me trouve ce disque, peu après sa sortie. C'était un temps bénit où il y avait encore des disquaires compétents dans nos villes, remplacés aujourd'hui par les supermarchés où l'on vend la musique comme les services d'une (CENSURé), mais c'est une autre histoire, (CENSURé de CENSURé).
Sans que je sache trop pourquoi, la version cd de ce concert, affublée d'une jaquette où Lluis a à  peu près 15 ans de moins qu'à la date du concert, ne trouvera jamais grâce à mes yeux et je reviendrai toujours à mon vieux double-lp-qui-craque. La liste de chansons ci-dessus peut donc être différente de celle que vous pourriez rencontrer dans telle ou telle réédition. Dans la version lp, éditée au Chant du Monde, tous les textes sont magnifiquement, quoique littéralement, traduits, ce qui est indispensable. Il est évident qu'un petit effort s'impose pour entrer dans l'univers de Lluis. A l'usage, pourtant, cet effort est bien moins contraignant qu'on pourrait le penser au départ.
Je frémis toujours autant aujourd'hui lorsqu'on entend Lluis jouer les premières notes de "L'Estaca" et 120.000 personnes qui se mettent à chanter en choeur l'histoire de ce garçon qui apprend la révolte contre l'oppression de la bouche de son grand-père. "L'Estaca" (le Pieu) est, avec "We shall overcome", la chanson de lutte la plus traduite au monde et, pour les amateurs, je signale qu'il en existe une version en wallon liégeois ("Li Grand-Père"). En français, la version de Marc Robinne (chantée par Marc Ogeret), classique, est plutôt confidentielle. Zebda l'a chantée, en version originale, sur le cd "Motivés". 

"Si nous tirons tous", écrit Lluis, "il finira bien par tomber, ce pieu déjà pourri auquel ils nous ont attachés". Après 40 ans de carrière, Lluis Llach a décidé de se retirer totalement (disques et scène) en mars 2007.
http://www.lluisllach.cat/

11:07 Écrit par Tempus fugit | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : ma bo, lluis llach |

Commentaires

estaca l'estaca..; Il en existe même une version en ...corse!! mais si! cela s'appelle "catena" et s'est chanté par chjami aghjalesi (ca se prononce kiami agialezi, en ouvbliant un peu le i finaux)ca

Écrit par : lachouette | 29/06/2006

le pieu ... frissons Du temps où je n'étais qu'un gosse - Mon grand-père me disait souvent
Assis à l'ombre de son porche - En regardant passer le vent
Petit vois-tu ce pieu de bois - Auquel nous sommes tous enchaînés
Tant qu'il sera planté comme ça - Nous n'aurons pas la liberté
(refrain) - Mais si nous tirons tous, il tombera - Ca ne peut pas durer comme ça
Il faut qu'il tombe, tombe, tombe - Vois-tu comme il penche déjà
Si je tire fort il doit bouger - Et si tu tires à mes côtés
C'est sûr qu'il tombe, tombe, tombe - Et nous aurons la liberté
Petit ça fait déjà longtemps - Que je m'y écorche les mains
Et je me dis de temps en temps - Que je me suis battu pour rien
Il est toujours si grand si lourd - La force vient à me manquer
Je me demande si un jour - Nous aurons bien la liberté
Puis mon grand-père s'en est allé - Un vent mauvais l'a emporté
Et je reste seul sous le porche - En regardant jouer d'autres gosses
Dansant autour du vieux pieu noir - Où tant de mains se sont usées
Je chante des chansons d'espoir - Qui parlent de la liberté
(refrain) - Mais si nous tirons tous, il tombera - Ca ne peut pas durer comme ça
Il faut qu'il tombe, tombe, tombe - Vois-tu comme il penche déjà
Si je tire fort il doit bouger - Et si tu tires à mes côtés
C'est sûr qu'il tombe, tombe, tombe - Et nous aurons la liberté

Écrit par : goldo | 11/09/2006

lluis llach ça fait tellement plaisir de voir des Français qui aiment et connaissent Lluis Llach ! je me sens moins seule !!!
Concert du 24 Mars à Vergès, vous venez ???

Écrit par : katia bigot | 21/01/2007

Est-ce quelqu' un pourrait me sponsoroser le livre de LLuis Llach (Chensons et poemes en catalan), S. V. P.?

Il est cher et presque inaccessible dans mon pays (Pologne veritable).
J' ai appris le catalan et voudrais traduire.

Écrit par : Jan | 21/08/2008

Est-ce quelqu' un pourrait me sponsoroser le livre de LLuis Llach (Chensons et poemes en catalan), S. V. P.?

Il est cher et presque inaccessible dans mon pays (Pologne veritable).
J' ai appris le catalan et voudrais traduire.

Écrit par : Jan R. | 21/08/2008

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