19/05/2006

PETE SEEGER - We shall overcome / The Carnegie Hall Concert (June 9th,1963)

 

 

 

 

 

 

 

Disc: 1      
1. Audience  
2. Banjo Medley: Cripple Creek/Old Joe Clark/Leather Britches 
3. Lady Margret
4. Mrs. McGrath 
5. Mail Myself to You 
6. My Rambling Boy 
7. A Little Brand New Baby 
8. What Did You Learn in School Today? 
9. Little Boxes 
10. Mrs. Clara Sullivan's Letter 
11. Who Killed Norma Jean? 
12. Who Killed Davey Moore? 
13. Farewell 
14. A Hard Rain's A-Gonna Fall 
15. Didn't He Ramble (Fragment) 
16. Keep Your Eyes On The Prize 
17. If You Miss Me At The Back Of The Bus 
18. I Ain't Scared Of Your Jail 
19. Oh Freedom 
Disc: 2      
1. Audience 
2. Skip To My Lou 
3. Sweet Potatoes 
4. Deep Blue Sea 
5. Sea Of Mercy (Fragment) 
6. Oh Louisiana 
7. (The Ring on My Finger Is) Johnny Give Me 
8. Oh What A Beautiful City 
9. Lua Do Sertao (Moon Of The Backland) 
10. The Miserlou 
11. Polyushke Polye (Meadowlands) 
12. Genbaku O Yurusumagi (Never Again The A-Bomb) 
13. Schtille Di Nacht (Quiet Is The Night) 
14. Viva La Quince Brigada (Long Live The Fifteenth Brigade) 
15. Tshotsholosa (Road Song)
16. This Land Is Your Land 
17. From Way Up Here 
18. We Shall Overcome 
19. Mister Tom Hughes's Town 
20. Bring Me Li'l' Water Silvy 
21. Guantanamera

Ce disque est considéré, à juste titre, comme le meilleur disque de folk-music jamais enregistré. Popularisé jadis sous la forme d'un double vynil incomplet, il est aujourd'hui édité en cd dans sa version intégrale.

Quand Pete Seeger, qui a déjà rejoint Woody Guthrie dans la légende de la musique populaire US, monte sur la scène du Carnegie Hall en ce mois de juin 1963, l'Amérique est un volcan. La lutte pour les droits civiques bat son plein, la crise des missiles de Cuba a failli provoquer le 3ème guerre mondiale quelques mois plus tôt et, bientôt, JF Kennedy sera assassiné à Dallas.
Concert lumineux, où le public joue un rôle essentiel : il faut l'entendre, ce public, reprendre en choeur, avec une ferveur exceptionnelle, "We shall overcome" ou "This land is your land", pour se rendre compte qu'ils ne sont pas là seulement pour écouter un chanteur. Tout y passe, de simples airs du folklore irlandais, des chansons quasi sorties de l'oeuf de Malvina Reynolds, Tom Paxton ou d'un petit jeune qui se nomme Bob Dylan, une chanson anti-nucléaire en japonais, une chanson populaire russe (ce qui, au plus chaud de la guerre froide, ressemble assez à une provocation, comme la chanson révolutionnaire cubaine "Guantanamera" qui clôture le concert), et surtout ces chansons anti-ségrégation que Pete est allé récolter quelques semaines plus tôt dans les églises d'Albany fréquentées par les Noirs ou celles qu'ils ont improvisées .
Plus qu'un simple disque de bonne musique, ce concert est un morceau d'Histoire où Pete Seeger joint ses talents de conteur et ses engagements pacifistes à ses qualités de musicien. Quarante ans plus tard, on ne voit pas très bien ce que l'Amérique a retenu de son Histoire mais surtout, on cherche vainement parmi ses artistes qui a pu reprendre le flambeau de la contestation.

11:26 Écrit par Tempus fugit | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ma bo |

12/05/2006

Joni Mitchell - Blue (1971)

1. All I Want
2. My Old Man
3. Little Green
4. Carey
5. Blue
6. California
7. This Flight Tonight
8. River
9. Case Of You, A
10.The  Last Time I Saw Richard

 

 

Album totalement dépouillé. Joni, sa voix, sa guitare, un piano, quelques amis (Stephen Stills et Dallas Taylor, de CSNY). Ses musiques, ses textes qui découpent au scalpel les sentiments humains font de "Blue" le point d'orgue de la période purement folk de Joni, qui glissera ensuite progressivement dans des ambiances plus rock, avant de prendre franchement le virage du jazz classique dans les 20 dernières années de sa carrière. Ce disque ne contient pas, comme "Clouds" par exemple, de grandes chansons classiques. Il vaut par son unité de ton, et sur ce plan, il porte d'ailleurs très bien son titre.
Je parle très mal de Joni, comme toujours, probablement parce que son art est trop intime pour être vraiment approché par des mots. Je n'en parle donc pas. Mais je l'écoute, très souvent.

11:17 Écrit par Tempus fugit | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ma bo |

11/05/2006

Leonard Cohen - Songs of Love and Hate (1971)

1. Avalanche
2. Last Year's Man
3. Dress Rehearsal Rag
4. Diamonds In The Mine
5. Love Calls You By Your Name
6. Famous Blue Raincoat
7. Sing Another Song, Boys
8. Joan Of Arc

Un de mes tout premiers vynils. Quand j'étais jeune ("so long ago...") et que j'osais avouer que j'écoutais Leonard Cohen, mes chtit(e)s camarades me rigolaient au nez et me traîtaient d'intello. Erreur fondamentale car, à l'époque, je n'étais même pas fichu de comprendre les paroles. Alors, évidemment, j'ai fini par garder ça pour moi et je me suis usé ce disque jusqu'à la corde, au point de ne plus pouvoir l'écouter avant sa réédition en cd. L'art de Cohen ne s'est jamais compromis dans la facilité et ils sont très peu à pouvoir se revendiquer d'une telle rigueur (je pense à Joni Mitchell, à Brassens et à peu près à personne d'autre). C'est sans aucun doute  "Famous Blue Raincoat" qui se rapproche le plus de ma conception personnelle de l'art lorsqu'il s'agit d'agencer des mots, des sentiments humains et des notes.
Leonard Cohen est un génie.

15:12 Écrit par Tempus fugit | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ma bo |

10/05/2006

Lluis Llach - Stade de Barcelone (1985)

1. Venim del nord, venim del sud
2. Que tinguem sort
3. Un núvol blanc
4. No abareteixis el somni
5. El jorn dels miserables
6. Maremar
7. Vaixell de Grècia
8. I amb el somriure, la revolta
9. Abril 74
10. Campanades a morts (fragment)
11. Bressol de tots els blaus
12. Amor particular
13. Ítaca (fragment)
14. Cant de l'enyor
15. L'estaca


Personne, ou presque, ne connaît Lluis Llach sous nos cieux. Dans la mesure où il n'a jamais écrit ni chanté qu'en catalan, ce n'est pas une surprise, même si son exil parisien pendant les années de plomb du franquisme l'a fait connaître en France aussi. Pourtant, Lluis est sans doute l'égal des plus grands auteurs-compositeurs de notre époque, Bob Dylan, Leonard Cohen ou Leo Ferré. A son art musical et poétique d'une subtilité rare, il a toujours associé un engagement libertaire tirant sa plus grande force de sa sérénité non violente. Légende vivante de la culture catalane, Lluis a reçu de son peuple le plus bel hommage qui soit : le 6 juillet 1985, 120.000 personnes (on croit rêver) viennent l'applaudir au "Nou Camp" de Barcelone. C'est ce concert qui a été enregistré et est devenu un double lp d'abord, un simple ou double cd ensuite. Plusieurs versions existent, et il faut bien reconnaître que la discographie de Lluis est, au nord des Pyrénées, assez confuse, au gré des rééditions. J'ai longtemps torturé un disquaire liégeois pour qu'il me trouve ce disque, peu après sa sortie. C'était un temps bénit où il y avait encore des disquaires compétents dans nos villes, remplacés aujourd'hui par les supermarchés où l'on vend la musique comme les services d'une (CENSURé), mais c'est une autre histoire, (CENSURé de CENSURé).
Sans que je sache trop pourquoi, la version cd de ce concert, affublée d'une jaquette où Lluis a à  peu près 15 ans de moins qu'à la date du concert, ne trouvera jamais grâce à mes yeux et je reviendrai toujours à mon vieux double-lp-qui-craque. La liste de chansons ci-dessus peut donc être différente de celle que vous pourriez rencontrer dans telle ou telle réédition. Dans la version lp, éditée au Chant du Monde, tous les textes sont magnifiquement, quoique littéralement, traduits, ce qui est indispensable. Il est évident qu'un petit effort s'impose pour entrer dans l'univers de Lluis. A l'usage, pourtant, cet effort est bien moins contraignant qu'on pourrait le penser au départ.
Je frémis toujours autant aujourd'hui lorsqu'on entend Lluis jouer les premières notes de "L'Estaca" et 120.000 personnes qui se mettent à chanter en choeur l'histoire de ce garçon qui apprend la révolte contre l'oppression de la bouche de son grand-père. "L'Estaca" (le Pieu) est, avec "We shall overcome", la chanson de lutte la plus traduite au monde et, pour les amateurs, je signale qu'il en existe une version en wallon liégeois ("Li Grand-Père"). En français, la version de Marc Robinne (chantée par Marc Ogeret), classique, est plutôt confidentielle. Zebda l'a chantée, en version originale, sur le cd "Motivés". 

"Si nous tirons tous", écrit Lluis, "il finira bien par tomber, ce pieu déjà pourri auquel ils nous ont attachés". Après 40 ans de carrière, Lluis Llach a décidé de se retirer totalement (disques et scène) en mars 2007.
http://www.lluisllach.cat/

11:07 Écrit par Tempus fugit | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : ma bo, lluis llach |

09/05/2006

 CSNY - Déjà Vu (1970)

Déjà Vu (1970)

1. Carry On/Questions (Stills)
2. Teach Your Children (Nash)
3. Almost Cut My Hair (Crosby)
4. Helpless (Young)
5. Woodstock (Joni Mitchell)
6. Déjà Vu (Crosby)
7. Our House (Nash)
8. 4 + 20 (Stills)
9. Country Girl (Young)
10. Everybody I Love You (Stills/Nash)
 
Ce disque représente plus pour moi que sa valeur artistique réelle : il est celui par lequel je suis "entré" en musique rock et j'en garde comme premier souvenir celui de mon professeur de latin qui l'avait sorti de mon cartable pour lire les notes de la pochette, tout en silence et désapprobation. CSNY n'a jamais été à proprement parler un groupe, ni artistiquement ni humainement, mais plutôt une collection d'individualités aux valeurs passablement différentes. Chacun jouait SES chansons accompagné par les autres, et les rivalités étaient considérables. Rapidement, Stills et Crosby ont perdu pied en raison de leur addiction aux drogues et Neil Young, qui avait déjà une carrière personnelle solide à cette époque, n'a pas insisté beaucoup. Les reformations épisodiques du "super-groupe" deviennent, avec le temps (tiens donc), de plus en plus pathétiques et leur prochain US Summer Tour "Freedom of Speech" ne laisse présumer rien de bon, sinon pour le compte en banque des quatre (il faut dire qu'à 250 US $ la place, dans des stades, ils s'y retrouvent forcément...)
Ceci dit, "Dejà Vu" comprend des classiques un peu neuneus, typiquement Nash (Our House, Teach your Children), le morceau de bravoure de David Crosby (une musique juteuse sur un texte aux limites du ridicule : "Almost Cut my Hair"), le grand classique Youngien "Helpless" et surtout, deux titres fantastiques : "Country Girl", une suite que Neil a très rarement jouée live et la reprise flamboyante de "Woodstock", de Joni Mitchell (que plusieurs membres du groupe connurent intimement). Ce texte est quasiment un reportage sur l'état d'esprit du mouvement hippie des sixties dont il annonce d'ailleurs, en filigrane, l'agonie ("We are golden....back to the garden" - mais ils ne reviendront jamais dans ce jardin d'Eden, qui nous manque peut-être un peu aujourd'hui encore).

(...)

We were half a million strong
And everywhere there was song and celebration
And I dreamed I saw the bombers
Riding shotgun in the sky
And they were turning into butterflies
Above our nation
We are stardust
Billion year old carbon
We are golden
Caught in the devil’s bargain
And we’ve got to get ourselves
Back to the garden

(Joni Mitchell, Woodstock, extrait)

----------------------

NB : Un mot sur mes "tops", qui se rempliront... avec le temps. La musique ne se classe pas, c'est évident, elle s'écoute. Mes Top 10 sont un simple jeu de l'esprit.

14:43 Écrit par Tempus fugit | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ma bo |

05/05/2006

Léo Ferré - Il n'y a plus rien (1973)

J'allais mal, en ces temps-là. Qu'est-ce que je fichais là, à la fac, anonyme et solitaire, étranger à ce monde où il convenait de paraître, de briller, de parler haut, où se profilaient déjà les carrières de ces "fils et filles de" que, trente ans plus tard, je vois encore apparaître parfois dans la lucarne de ma télé ? Je ne brillais ni par mon intelligence ni par mon verbe ni par mon physique, j'étais l'ombre de mon ombre, alors que vivaient en moi des émotions tellement confuses que je ne pouvais les exprimer. Qui, d'ailleurs, m'aurait écouté ?
Je vivais chez moi au bord de la misère, mon père venait de mourir et la vie avait réduit ma mère au rôle d'une mère purement nourricière. Elle s'en acquittait avec une volonté et un acharnement proches de l'héroïsme, mais qu'aurait-elle pu comprendre à mon quotidien, à mes échecs, passés, présents et à venir et à ma solitude ?

Après toutes ces années, il m'arrive encore de penser à cette période de ma vie comme à une impasse sombre, dans une ville inconnue, par une nuit de brouillard où je cherche vainement vers où diriger mes pas. Une porte ouverte, un réverbère allumé, une voix qui m'appelle, un chat qui miaule, n'importe quoi, un mot, un signe, un souffle vaguement parfumé d'humanité.
Je n'étais pas malheureux, j'étais simplement VIDE. Il n'y avait plus rien.
Mais pourquoi ai-je donc emprunté ce disque, cette cassette plutôt ? Le hasard, sans doute. Dès les premières notes, j'ai su que ma vie venait de changer. Ce déjà vieil homme à la crinière blanche mettait des mots sur MON mal-être, sur MA révolte intérieure. Il me parlait à MOI.
Et je crois bien avoir pleuré, tout seul. "L'oppression" et "Richard" restent toujours, plus de 30 ans après, des textes essentiels à mon équilibre personnel. 
-----------------------------------------


LEO FERRE - IL N'Y A PLUS RIEN (1973)

1. PREFACE
2. NE CHANTEZ PAS LA MORT (Jean-Roger Caussimon / Léo Ferré)
3. NIGHT AND DAY
4. RICHARD
5. L'OPPRESSION
6. IL N' Y A PLUS RIEN
-----------------------------------------
Ceci est le premier "post" d'une mini-série consacrée aux disques qui font la bande-son de ma vie, et que j'emmènerais très certainement sur l'île déserte. Dans l'hypothèse, bien entendu, d'un naufrage programmé de longue date et en espérant qu'on veuille bien installer préalablement sur cette île l'électricité, parce que c'est plus pratique que d'amener un container de Duracell avec soi.

11:37 Écrit par Tempus fugit | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ma bo, ferre |