29/04/2007

Salut l'artiste

Lluis Llach a donc mis un terme à sa carrière exceptionnelle en mars dernier, parce qu'il ne voulait pas risquer de donner à ceux qui l'aiment l'image d'un artiste qui décline (un stade qu'il était loin d'avoir atteint, ceci dit). En guise d'au revoir et d'hommage à l'un des artistes de ma vie, je voudrais ici citer un de ses textes, parus dans le remarquable livre de Brigitte Baudriller "Lluis Llach - Un desig d'amor, un poble i una barca", 1997, éditions Tirésias, collection "Les guetteurs de l'espoir". Lluis nous y livre sa vision de la vie (p.79-80) :

"L'être humain méprise totalement la vie. La vie comme théorie et pratique. Elevés dans la lutte pour des banalités, nous oublions l'essentiel pour posséder des biens avec de l'argent, des êtres avec de l'amour. Et puis en chemin, une anecdote (...) nous signifie que la vie doit jouer le premier rôle du film que nous tournons. Sans elle, rien n'existe, ni scénario ni acteurs ni images ni son. Il faut aimer la vie comme un être. (...)

La société nous incite à vivre à contresens, contre la vie. Nous prenons conscience de son importance face à la mort ou à la maladie. Qu'ai-je fait de la vie, de ma vie ? A vingt, trente ans, l'être humain ne se pose pas la question. Il l'utilise sans la respecter, sans la soigner. A quarante, cinquante ans, il a assez vécu pour voir son passé dans sa globalité et envisager un avenir qu'il sait limité. Avec beaucoup de chance, il se situe à la moitié de son existence. Il peut se rassurer, regretter ou douter quant à son apprentissage, ses croyances, son évolution et cette expérience enrichissante et emprisonnante à la fois. Il peut ne plus se remettre en cause, entrer en crise ou... constater qu'il à l'univers en lui. Là même où il doit chercher les étoiles, demander l'impossible, rêver."

Voilà une bonne idée. Demandons l'impossible.

12:38 Écrit par Tempus fugit dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : lluis llach |

Commentaires

putain putain, je sais pas qui tu es, mais tu me plais.

Écrit par : roumegaire | 07/09/2007

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