31/05/2007

Revue en vrac - Tom McRae / King of Cards

Tom McRae est un auteur-compositeur de grand talent, qui a su, à travers des mélodies imparables et des textes mélancol'ironiques, se faire une place de choix dans la chanson de qualité. Tout le monde a encore dans l'oreille ses (déjà) grands classiques, "End of the World News", "For the Restless" ou le déchirant "Boy with the Bugglegun". Bref, un nouveau Tom McRae, ça ne passe pas inaperçu et ça s'attend de pied ferme. Et "King of Cards" est arrivé chez nous il y a quelques semaines, avec un concert au Cirque Royal en prime.
Comme toutes les opinions exprimées ici, celle qui suit n'engage que moi : je dois reconnaître qu'une première écoute me déçoit passablement. Les mélodies sont moins évidentes, la production sans doute un peu "chargée" à mon goût, et j'avoue ne pas accrocher d'emblée à ce qui reste, cependant, un bon disque. Parce que Tom McRae est Tom McRae, qu'il est doué, qu'il a des choses à dire, qu'il le dit joliment et que cela reste supérieur à 98% de la production discographique habituelle.
Une anecdote : comme Heather Nova avec "I miss my sky" (dans son dernier album "Redbird"), Tom a consacré une chanson à la pionnière de l'aviation américaine Amelia Earheart, disparue jadis entre ciel et terre. Amusant : Heather s'identifie à Amelia, qui voudrait tant "reprendre le ciel", alors que Tom semble obsédé par l'idée de l'en faire descendre ("why don't you come down ?"). Selon moi, aucun doute : Heather l'emporte de trois longueurs (voix, texte, mélodie) sur ce coup-là.

1. Set The Story Straight 
2. Bright Lights 
3. Got A Suitcase, Got Regrets
4. Keep Your Picture Clear 
5. Houdini And The Girl
6. Sound Of The City 
7. On And On 
8. Deliver Me 
9. One Mississippi 
10. The Ballad Of Amelia Earhart 
11. Lord, How Long ?

14:19 Écrit par Tempus fugit dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : revue en vrac |

29/05/2007

Chanson croisée : WORLDS APART (Bruce Springsteen)

Je me demande parfois pourquoi les media nous bourrent les oreilles de tant de cochonneries alors qu'il existe... ça.

A la suite de 9.11, Bruce Springsteen a sorti un album, "The Rising", sur le sujet, sans sombrer le moins du monde dans les pièges de la compassion et des idées réductrices. "Worlds apart" est une des chansons de cet album. Elle pose, sans nécessairement y répondre, la question de la compatibilité des sentiments humains (l'amour en particulier) avec l'opposition a priori irrémédiable des cultures. On peut voir ici l'interprétation de cette chanson par le Boss himself à Wembley, en 2002. Remarquable, faut-il le dire, malgré la qualité très moyenne des images :
http://www.youtube.com/watch?v=O8ARTiq4EwE

En 2004, cette chanson est sortie, adaptée en catalan, par la superbe Maria Del Mar Bonet dans son extraodinaire album intitulé "Amic, Amar". Maria, née en 1947 aux Baléares, s'est installée en 1967 à Barcelone et est devenue une légende de la résistance au régime franquiste, au même titre que son ami Lluis Llach. J'en reparlerai. Sa version de la chanson du Boss, accompagnée par un groupe de musiciens syriens, est une splendeur. Pour une version live de ce "Mons apart" à Barcelone (2004), cliquez sur le lien ci-dessous :
http://www.youtube.com/watch?v=HsFTCa1EanI
----------------------

bruce-springsteen2

"Worlds Apart"

I hold you in my arms, yeah that's when it starts
I seek faith in your kiss and comfort in your heart
I taste the seed upon your lips, lay my tongue upon your scars
But when I look into your eyes we stand worlds apart

Where the distant oceans sing and rise to the plain
In this dry and troubled country your beauty remains
Down from the mountain road where the highway rolls to dark
'Neath Allah's blessed rain we remain worlds apart

Sometimes the truth just ain't enough
Or is it too much in times like this
Let's throw the truth away we'll find it in this kiss
In your skin upon my skin in the beating of our hearts
May the living let us in before the dead tear us apart

We'll let blood build a bridge over mountains draped in stars
I'll meet you on the ridge between these worlds apart
We've got this moment now to live then it's all just dust and dark
Let's let love give what it gives
Let's let love give what it gives
-----------------------

bonet1

"Mons apart"

Jo no sé com has guardat la bellesa entre l'infern
ni com vas poder fugir de l'horror que t'ha esquinçat
Quan et llepo les ferides veig al fons el teu esguard
el que no puc esborrar: que hem nascut en mons apart.

Més enllà dels oceans, més enllà del crit del mar
on la pluja té l'arrel beneïda per Alà
on la llum cau dels estels, sobre un món empolsegat
s'han trobat els nostres cors, en un pont que hem aixecat.

En aquest temps que ens ha tocat
no serveix la veritat
fem un temps per el nostre amor
ple de vida, entre la mort.

Acompanyem els estels
el camí que hem inventat
el teu cor amb el meu cor
per damunt dels mons apart.

Amb la sang i la foscor que hem après a tuejar
no tenim altre moment, no l'hem pogut triar
la tristesa de la mort, dels nostres mons separats
però que doni el nostre amor, tot allò que pot donar,

Tot allò que pot donar…
-------------------------------

La musique n'est pas qu'un produit de marketing, bordel !

21:53 Écrit par Tempus fugit dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ma bo |

28/05/2007

Avec le temps, on l'aime encore (1)

Une petite nostalgie. Le 14 juillet prochain, il y aura 14 ans que Léo est passé de l'autre côté. On en reparlera encore d'ici là. D'où le titre de ce "post". Et n'oubliez jamais que "ce qu'il y a d'encombrant avec la morale, c'est que c'est toujours la morale des autres".

23:28 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : leo |

23/05/2007

Dirk Van Esbroek

Dirk Van Esbroek est décédé aujourd'hui à l'âge de 60 ans. Il n'est pas nécessaire d'être flamand ce soir pour avoir le RUM triste. Adios, companero.

 Ik hou van alle vrouwen
Mijn hart is veel te groot
Mijn hart is veel te groot
Daar ben ik mee geboren
En daar ga ik ook mee dood
Daar ga ik ook mee dood
Ik hou van alle vrouwen
Dat is een groot verdriet
Ja, dat is een groot verdriet
Met 1 kan ik maar trouwen
En daarom trouw ik niet
En daarom trouw ik niet
Zo ben ik geboren
En zo ga ik ook weer dood

23:17 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |

Buffy Sainte-Marie

Je voudrais profiter de cette belle journée de printemps pour dire quelques mots d'une artiste exceptionnelle dont j'ai failli écrire qu'elle était, selon le cliché habituel, "injustement méconnue". En fait, ce n'est pas tout à fait un hasard si la carrière de Buffy Sainte-Marie ne fut pas celle que son talent méritait : sous l'administration du cowboy Lyndon Johnson, cette "native american" (lisez : peau-rouge), citoyenne canadienne, fut placée sur une liste noire des media US, autant en raison de ses origines que de la subversion qui émanait de ses chansons.

bsm_whtgui

Malgré et peut-être grâce à cela, les chansons de Buffy ont été popularisées par d'autres chanteurs, et notamment Elvis Presley qui fit une reprise du fameux "Until it's time for you to go". "Honnête femme" au sens que l'on donnait jadis à ce mot, elle s'est investie dans de nombreux domaines artistiques et intellectuels. Elle est notamment diplômée en Histoire Orientale. Après un break de 16 ans, elle est revenue à la chanson en 1993. Pour avoir entendu un enregistrement d'un concert de cette époque, je peux vous assurer que sa voix et sa musique n'ont rien perdu de leur force originelle. Son dernier cd connu est le "Live at Carnegie Hall" daté de 2004. Pour aborder son oeuvre, on ne peut que conseiller chaleureusement le double cd "best of" qui comprend ses chansons les moins méconnues, dont le magnifique "Universal Soldier". Buffy a aujourd'hui 66 ans et est veuve du musicien et producteur Jack Nitsche, décédé en 2003. Elle est toujours la voix du peuple indien. A redécouvrir ?

15:31 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ma bo |

14/05/2007

Lluis Llach en français

Un tout nouveau site consacré (depuis le 7 mai, date de son anniversaire) en langue française à Lluis Llach : www.lluisllach.fr

Merci à Katia, l'âme de ce site, de m'avoir branché et plus encore de m'avoir fait l'immense honneur de placer un lien vers mon modeste blog sur son site.

N'hésitez pas, surtout, si vous ne connaissez pas Lluis, à explorer son oeuvre unique.

La toute fin du tout dernier concert à Vergès (et d'autres extraits, images d'amateur) peut être vue ici :

http://www.youtube.com/watch?v=eWCAZjvJ9wY

Quand le public se met à chanter spontanément "L'Estaca"... les yeux se mouillent... les miens en tout cas.

15:30 Écrit par Tempus fugit dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : lluis llach |

10/05/2007

Revue express - Léo Ferré en italien

Leo%20en%20italien002

1. La Solitudine 2. Piccina 3. Pepee 4. Tu non dici mai niente 5. Col Tempo 6. Niente Piu 7. Gli Anarchici 8. Il tuo Stile 9. I Pop

Quelques mots pour signaler la réédition en CD, par les Editions "La Mémoire et la Mer" de Matthieu Ferré, du premier LP de Léo en italien, au tout début de son exil toscan (1972). Le vynil était devenu introuvable, et de toute façon n'avait jamais été distribué massivement par Barclay sous nos cieux. J'avais personnellement acheté le mien en 1983 à Florence, au rayon promos d'un grand disquaire autochtone. On retrouve dans ce cd 9 classiques de Léo adaptés en italien, une langue qui se marie parfaitement avec ses textes. Col tempo, va...

Aucun livret pour ce cd, malheureusement et pas de textes non plus, comme le LP original d'ailleurs. A ma connaissance, "In italiano" ne se trouve pas chez les disquaires, il peut être acheté sur le site de "La Mémoire et la Mer", dont je ne donne pas le lien car ce blog ne fait pas de commerce. Ceci dit, si vous ne trouvez pas le site, vous le faites exprès, et vous pouvez de toute façon m'envoyer un mail. A signaler qu'un autre cd en italien, dont la matière est cependant postérieure, a été édité il y a quelques années ("La musica mi prende come l'amor" et qu'il contenait, lui, quelques inédits en français (des textes de Cesare Pavese, "L'Uomo Solo" et "Verra la Morte", notamment). Les traductions, limpides, sont d'Enrico Medali.

Hanno bandiere nere
Sulla loro Speranza
E la malinconia
Per compagna di danza
Coltelli per tagliare
Il pane dell'Amicizia
E del sangue pulito
Per lavar la sporcizia
Non son l'uno per cento ma credetemi esistono
Stretti l'uno con l'altro e se in loro non credi
Li puoi sbattere in terra ma sono sempre in piedi
Sono gli anarchici

16:23 Écrit par Tempus fugit dans Amour | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : revue en vrac, ferre |

06/05/2007

J'entends la voix de Léo

(...)

C'est un pays qui me débèqu'te
Pas moyen de se faire anglais
Ou suisse ou con ou bien insecte
Partout ils sont confédérés...
Faut les voir à la télé-urne
Ces vespasiens de l'isoloir
Et leur bulletin dans les burnes
Et le mépris dans un placard

Ils ont voté... et puis, après?

Dans une France anarchiste
Je mettrais ces fumiers debout
A fumer le scrutin de liste
Jusqu'au mégot de mon dégoût
Et puis assis sur une chaise
Un ordinateur dans le gosier
Ils chanteraient la Marseillaise
Avec des cartes perforées

Le jour de gloire est arrivé

23:10 Écrit par Tempus fugit dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ferre, ils ont vote |

05/05/2007

Un autre anniversaire

"Avec le temps" a 1 an aujourd'hui. Alors, heureux (-ses) ?

11:07 Écrit par Tempus fugit | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vive moi |

04/05/2007

Anniversaire

kentstate1_72px
Kent State University, Ohio
4 mai 1970 - 4 mai 2007

 

Tin soldiers and Nixon coming,
We're finally on our own.
This summer I hear the drumming,
Four dead in Ohio.

Gotta get down to it
Soldiers are cutting us down
Should have been done long ago.
What if you knew her
And found her dead on the ground
How can you run when you know?

Tin soldiers and Nixon coming,
We're finally on our own.
This summer I hear the drumming,
Four dead in Ohio.

(Neil Young)

11:27 Écrit par Tempus fugit dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |

02/05/2007

Revue en vrac - Magyd Cherfi

Dans son style très particulier, qui est tout sauf académique, Magyd Cherfi se fait un chemin parmi les bonnes plumes de la chanson de langue française. Après un excellent premier album solo (La Cité des Etoiles), celui qui était la tête pensante et le coeur de Zebda vient, avec "Pas en vivant avec son chien", de franchir une nouvelle étape. J'avoue, très subjectivement, ne pas être exagérément séduit par des musiques aux accents exotiques sans doute, mais qui finissent par toutes se ressembler, sur des rythmes qui frôlent parfois la farandole de bal populaire ou la samba de bazar (je suis trop méchant, là). La qualité d'écriture, par contre, laisse pantois. Il y a, dans ces douze petites perles, des influences évidentes : Brassens (et sa façon de détourner des expressions populaires : "il ne nous restait plus que les os sur la peau"), Gainsbourg et ses rimes survitaminées ("...Harvey Keitel / ...la vie qu'est-elle"), Léo Ferré, à travers un hommage discret ("Alors je fais Léo / ni dieu ni maître ni / American and co"), par exemple. Mais surtout, Magyd atteint au désormais rarissime dans le ronron du disque francophone : il écrit simplement, et bien. C'est drôle, poétique, engagé sans être militant, plus d'une fois émouvant. Magyd Cherfi fait honneur à la chanson française, tout simplement, et sans nous prendre pour des cons. On peut apprécier sans modération.
"Tic tic tic état d'urgence
Y'a toujours un connard qui veut sauver la France"
(La Tronche du Patrimoine)
Je suis sûr qu'il ne pensait à personne en écrivant ça. 

1 · Place de France
2 · La Tête du Che
3 · La Tronche du patrimoine
4 · L'Oncle d'Amérique
5 · Ma Femme et mes enfants d'abord
6 · La Sandale magique
7 · Le Cirque
8 · Les Chaises qui volent
9 · Bénabar ou Delerm
10 · A dire ou à taire
11 · Les Cigarillos
12 · Scène II ménage

16:06 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : revue en vrac |