26/10/2007

Lluis Llach - Verges 2007

Senzillament se'n va la vida, i arriba
com un cabdell que el vent desfila, i fina.
Som actors a voltes,
espectadors a voltes,
senzillament i com si res, la vida ens dóna i pren paper

(Lluis Llach, Un Nuvol blanc)

A chaque fois, lorsque j'entends ces mots et la musique qui les porte, sublime et comme tombée du ciel, je m'étonne de la profonde émotion qui me prend quelque part entre les tripes et le coeur. Je ferme les yeux et, dans mon silence intérieur, j'interdis à quiconque l'entrée de ma bulle de bonheur, sans doute parce que je ressens comme une infirmité mon impuissance à la faire partager autour de moi. Ces mots pourtant ne sont pas écrits dans ma langue, et, d'une certaine manière, je ne suis pas supposé les comprendre. En trente ans d'admiration pour Lluis Llach, j'ai heureusement eu l'occasion de travailler un tout petit peu "mon" catalan, intuitivement souvent, parfois en consultant un dictionnaire en ligne et aussi parce que d'autres passionnés ont fait le même chemin que moi, dans leur bulle à eux. Dans les éditions vinyl du Chant du Monde, il y avait aussi de remarquables traductions littérales des chansons de Lluis. Et puis, ça devait bien un jour servir à quelque chose d'avoir fait du latin.
 
J'ai longtemps attendu qu'on me livre enfin ce triple CD consacré aux deux dernières prestations en public de Lluis Llach, en mars de cette année, dans son village natal de Verges. D'abord annoncé comme épuisé, puis à nouveau disponible, le coffret s'est ensuite perdu et a voyagé pendant trois semaines dans les impénétrables labyrinthes d'un livreur de plus en plus fantasque dans le nom comme par k et se termine par a. Depuis hier, je suis comblé. Deux heures quarante de plaisir, d'émotion, de bonheur que je ne vois pas comme un point final, mais comme un nouveau départ dans mon amour pour l'oeuvre de cet homme étonnant qui n'a jamais écrit que dans sa langue natale, comprise de quelques millions de gens à peine et qui peut cependant prétendre sans détour au titre de poète universel.

Alors que Franco pètait encore de santé, de morgue et de haine dans cette Espagne scandaleuse qui garrotait des jeunes de mon âge, syndicalistes ou étudiants, anarchistes ou pas, j'ai découvert Lluis Llach à travers ses chansons mythiques de combat dont "L'Estaca", l'oratorio "Campanades A Morts" ou l'ironique "La Gallineta". Après, j'ai progressivement pris la mesure de l'oeuvre du poète et du compositeur à travers de pures merveilles comme "Un nuvol blanc", déjà cité, "Com un arbre nu", au dépouillement quasi métaphysique, ou cette oeuvre majeure qu'est "Viatge a Itaca", adaptée d'un poème de Kavafis. J'ai suivi Lluis à travers les années, non comme un chien suit son maître car je récuse l'étiquette de "fan, mais comme on cherche, engourdi par l'hiver, la chaleur du soleil qui nous fait renaître, encore et toujours, à la vie. Cette musique, cette poésie, cette voix, j'en ai besoin à intervalles réguliers pour survivre au monde qui m'entoure, comme on a besoin d'un coeur qui bat, de pain, de vin et de l'amour de ceux qui comptent pour nous.

"Verges 2007" est, bien entendu, un coffret vital. Pour moi, au moins, pour quelques autres, j'espère.

Je voudrais rappeler à cette occasion qu'il existe depuis peu un site non officiel (et un blog) en français consacré à Lluis Llach, site remarquable, appelé sans doute à grandir encore, qui est l'oeuvre d'une passionnée. On y trouve notamment des traductions de chansons. On y trouve, aussi et surtout, la plus belle approche qu'on puisse concevoir de "ce langage de l'âme qui ne connait pas de frontières", comme le dit superbement Katia, que je salue ici avec amitié et gratitude.

http://www.lluisllach.fr/
http://www.lluis-llach.blog.fr/

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17:28 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : lluis llach |

24/10/2007

Mr(s) Big (wo)Man

Bien partie, sans doute, mais peut-être trop vite, Hillary s'attaque à l'Everest de la présidence des Etats-Unis, les poches pleines de son divin pognon et la conscience rongée par ses contradictions (pour ou contre la guerre selon l'époque et ses intérêts électoraux). Finalement, la seule bonne nouvelle dans tout ça, c'est que Dick Cheney est trop malade pour se présenter en 2008. Ouf !
Ces histoires de pouvoir, ça me donne envie de réécouter, en vrac, "Ni Dieu ni Maître", "L'Estaca" et une bonne vieille chanson des Kinks, pas très connue, simple et couillue néanmoins, dans un déluge de guitares électriques bien grasses comme on aime.  
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raydavies

Mr Big Man (Ray Davies)

I remember when you started out,
You were the best friend i ever knew.
I tried to meet you when you had your success,
But you had better things to do.
Now i bet that you're losin' count
Of the people that you used.
But now we're gonna see the vicious side of you,

Mister big.
You've got the say and the power.
Your minions grovel and cower.
But i see you, and i see me.
But you're the big man now.
You got it, mister big.
Your followers kiss your hand,
And your slaves all at your feet.
Your minions serve your beck and call,
But they don't compensate at all,
'cause inside, mister big's very small.

When you were poor and knockin' at the door,
You were really lots of fun.
But now you're hot and you're sittin' on the top;
You've got no time for anyone.
You schemed and connived.
You pushed and you lied,
Till you at last became a star.
But now we're gonna see the way you really are,

Mister big.
Now your vict'ry is complete
And your battles are all won.
Your enemies and foes are all stacked up in rows,
Eliminated one by one.
You got it, mister big.

14:38 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : acturock |

12/10/2007

ALT,V,TVB fait sa Révolution

Ce blog s'endort. Il faut se révolter contre là dessus, camarad-euhs ! revolutionOuais, enfin, pas à ce point-là peut-être, mais tout de même. Tempus Fugit a donc réuni son Comité Central (lui-même, son ombre et son chat) et a décidé unilatéralement d'élargir ses horizons à bien d'autres sujets, ceux qui lui passeront par la tête, tout en conservant une ambiance axée principalement sur la musique. Tempus, il faut l'avouer, est sur les nerfs ces derniers temps : son "Lluis Llach - Verges 2007", qu'il a essayé trois fois de commander sur un site français compétent, dont deux fois en vain pour cause de stock rupturé, est en chemin mais ne se décide pas à arriver. Et Tempus, ça l'énerve, on peut pas savoir ! Par contre, hier, il a reçu le DVD "Les Ailes du Désir", son film favori de tous les temps, et il est content, il pourra le regarder quand il veut, oh putain, que c'est bon.

Et aujourd'hui, Tempus est un peu content dans sa tête : donner le Nobel de la Paix à Al Gore, ma foi, c'est une idée honorable. Ce brave Al avait déjà perdu l'élection présidentielle US en faisant plus de voix que son crétin d'adversaire, (celui qui ment, là, j'ai oublié son nom, flute...). Alors rien qu'imaginer la tête de ce crétin-là (son nom m'échappe décidément, mais vous voyez bien, hein, la tête de noeud, là ?) en apprenant la nouvelle, ça a de quoi illuminer un peu une journée bien morne par ailleurs, même si je la souhaite excellente à ma cellule de lecteurs, -trices et à leurs familles.

(bande son : Neil Young and Crazy Horse)

15:50 Écrit par Tempus fugit dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : pas musique la |

01/10/2007

Chansons de légende (5) : REDBONE, The witch queen of New Orleans (et quelques autres)

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Ce disque s'appelle "Message from a drum" et est signé REDBONE, un groupe composé d'authentiques Peaux-Rouges qui a eu son heure de gloire au début des seventies. Je l'ai réécouté tout à l'heure, après plusieurs années d'oubli dans ma (vaste) discothèque et je le trouve toujours aussi bon. En faisant quelques recherches, j'ai appris que le tout premier Redbone (album éponyme, 1970) avait été réédité l'an dernier. Une bonne nouvelle. Le suivant, "Potlach", reste toujours introuvable et celui-ci, le troisième, serait encore disponible. Il contient une chanson extraordinaire, qui fut un gros succès à sa sortie : "Witch Queen of New Orleans", au riff ravageur et très couleur locale. Le lecteur curieux pourra en apprécier tout le charme sur cette vidéo de qualité moyenne :  http://www.youtube.com/watch?v=1LLEHtDcOG0 L'étrangeté de Redbone, c'est l'attirance que ce groupe atypique éprouvait pour le beat "disco". Il a ainsi commis son plus gros "hit" ("Come and get your love") sur ce canevas et autant dire que cette facette de redbone ne me plaît guère : http://www.youtube.com/watch?v=-7eloXr2iak Je préférais de loin ce "We were all wounded at Wounded Knee" qui fait référence à un événement tragique de l'histoire des Native Americans : http://www.youtube.com/watch?v=LwQ-y47ROaU

00:31 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chansons de legende |