13/09/2006

Nostalgie de vieux con (2) : Venus / Shocking Blue

C'était un temps déraisonnable : pendant que nos grands frères balançaient des pavés dans les rues, nous étions la génération Clearasil et nous apprenions des règles élémentaires de la vie en société. Par exemple qu'il n'est pas très indiqué de draguer les filles après avoir ingurgité quinze bières. Alors, lorsque le thé dansant s'achevait, il restait ceci pour adoucir nos petits coeurs blessés... une voix presque suave...

 

A Goddess on a mountain top
Was burning like a silver flame
The summit of Beauty in love
And Venus was her name

REFRAIN:
She's got it yeah, Baby, she's got it
Well, I'm your Venus, I'm your fire
At your desire

Her weapon were her crystal eyes
Making every man mad
Black as the dark night she was
Got what no-one else had
Wa!

 

Comme on avait acheté le 45 tous (pochette orange, photo glacée), on connaissait à peu près par coeur l'anatomie avantageuse de la chanteuse, teint hâlé et mini-short étroit. Mariska Veres était la voix de Shocking Blue. Elle a vieilli, Mariska, mais moins que nous, finalement. She's still alive and well, lis-je, et ma foi, voilà une bonne nouvelle et ça ne pleut pas vraiment, les bonnes nouvelles, en ce moment. Oh, Mariska...

 

 

10:23 Écrit par Tempus fugit dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |

07/09/2006

Nostalgie de vieux con, volume 1 : EARTH and FIRE

Qui se souvient encore de Jerney Kaagman, des jumeaux Koerts et des albums d'"Earth and Fire" (sans Wind, svp, rien à voir) ? Groupe hollandais de musique dite "progressive", E&F a sorti dans les années '70 quelques remarquables albums (qui, à ma connaissance, ne doivent même pas avoir eu les honneurs d'une réédition systématique en cd alors que Karen Cheryl, oui). Souvenirs d'adolescence : E&F live au Hall Omnisports de W. devant 35 personnes (j'avais compté). Ah, Jerney... mon premier sex-symbol... tes yeux dans les miens (ou l'inverse)... ta voix qui s'élève, si forte et douce, entre les twins blonds...
Si vous les trouvez encore, "To the world of the future" et "Gate to infinity" sont deux remarquables disques et "Song of the Marching Children" (une longue suite d'une vingtaine de minutes avec des atmosphères très variées) leur morceau de bravoure. A partir de 1981, le groupe perdra pas mal de sa popularité en commettant des albums commerciaux sans âme, jusqu'à sombrer dans l'oubli. Jerney (59 ans aujourd'hui... mais toujours presque aussi jolie) a tenté sans grand succès de faire une carrière solo. Elle est aujourd'hui directrice des programmes d'une radio privée batave et peut prétendre au statut de BN (bekende Nederlander). Elle aime depuis trente ans le même Monsieur, musicien d'un autre groupe hollandais des glorieuses 70's (Focus).
Oh, how time fades away... 

http://www.alexgitlin.com/earth.htm
http://www.earth-and-fire.nl/

 

Albums
1970: Earth and Fire (Polydor 2441 011)
1971: Song of the marching children (Polydor 2925 003)
1973: Atlantis (Polydor 2925 013)
1975: To the world of the future (Polydor 2925 033)
1977: Gate to infinity (Polydor 2925 065)
1979: Reality fills fantasy (Vertigo 6413 509)
1981: Andromeda Girl (Vertigo 6399 271)
1982: In a state of flux (Dureco Benelux 88 050)
1989: Phoenix (CNR) cd

11:57 Écrit par Tempus fugit dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |

01/09/2006

Classique B.O., nostalgie et caramels mous

Ma b.o. n'est pas qu'électricité et guitares folles. Je me berce parfois de jazz et de classique, quoique plus rarement. Ainsi, je comble mes besoins de méditation par le Requiem de Gabriel Fauré, et plus particulièrement le "Pie Jesu" (c'est sans doute tout ce qu'il reste en moi d'attirance pour le sacré), je m'émeus toujours autant aux premières notes du concerto pour violon de Jan Sibelius et, les soirs de nostalgie solitaire, je me laisse aller à trouver admirable le concerto pour violon "A la mémoire d'un ange" d'Alban Berg. Ben si, je vous jure. J'adore aussi les notes de ce farfelu au chapeau "boule" :

Erik Satie
qui se lit autant qu'il s'écoute, parce que j'avoue que les titres délirants de ces oeuvres ne sont pas pour rien dans mon attrait pour ce personnage qui répondait, dit-on, à son courrier sans jamais l'ouvrir. Ce qui se défend, ma foi, aujourd'hui bien plus encore que jadis, alors que personne n'est plus capable d'exprimer une idée correctement par écrit. Une bonne petite Gnossienne dans l'oreille et vos journées les plus grises prendront quelques couleurs. Je ne crache pas sur la musique baroque non plus, oh que non. Mais une seule musique peut m'arracher, parfois, quelques larmes et paradoxalement, c'est dans un genre que je déteste (l'opéra).Mais voilà... ma mère chantait les grands airs de Puccini en faisant la vaisselle, "Che gelida manina" et tutti quanti. C'était ma première b.o., celle de mon enfance. Et, p...., que ça me manque !

10:01 Écrit par Tempus fugit dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ma bo |

19/08/2006

Jethro Tull - Aqualung (1970)

Aqualung
Cross-Eyed Mary
Cheap Day Return
Mother Goose
Wond’ring Aloud
Up To Me
My God
Hymn 43
Slipstream
Locomotive Breath
Wind-Up

Avec Ian Anderson, le rock est devenu subitement plus intelligent et "Aqualung" restera un chef d'oeuvre éternel, autant par la force et la finesse de sa musique que par ses textes. Quand j'ai vu Jethro Tull sur scène la première fois, au milieu des années 70, il était probablement l'un des meilleurs groupes de rock de la planète et j'en garde un souvenir très fort, celui du regard halluciné de Ian Anderson jouant de la flûte en équilibre sur un pied. Ce regard a croisé le mien une fraction de seconde et j'ai réellement ressenti physiquement le magnétisme de ce personnage hors norme, musicien exceptionnel, jongleurs de mots et, surtout, génial showman. L'âge a rendu Ian beaucoup moins chevelu et virevoltant sur scène aujourd'hui, mais il continue à parcourir les scènes du monde pour son seul plaisir et celui de son public, qui vieillit avec lui... feeling like a dead duck...
La musique du Tull est instantanément reconnaissable, avec ses breaks inattendus, ses subits apaisements acoustiques, les envolées guitaristiques sauvages de Martin Barre... Et puis cette voix... Je donnerai la moitié de mon imposante discothèque pour les deux premières minutes de "Locomotive Breath", sa longue intro au piano d'abord, avant que commence la course sans fin de la loco qui entraîne l'Homme ("the all-time loser") vers son inéluctable mort.

In the shuffling madness
of the locomotive breath,
runs the all-time loser,
headlong to his death.
......
no way to slow down
......
He sees his children jumping off
at the stations - one by one.
His woman and his best friend
in bed and having fun.
He's crawling down the corridor
on his hands and knees
......
no way to slow down

(Locomotive Breath)

A voir absolument :
http://www.collecting-tull.com/

00:36 Écrit par Tempus fugit dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ma bo |

27/07/2006

Cortez The Killer (Neil Young)

Il n’est pas rare que, connaissant ma passion (mais plus rarement son étendue…), un quidam me demande quelle est ma chanson préférée de Neil Young. Le plus souvent, je réponds, sans réflexion ni originalité aucune, « Cortez The Killer ». Avant que vingt autres titres ne me sautent à la mémoire comme autant de regrets et après m’être forcé à ne pas répondre « Hitchhiker », de crainte d’être taxé de snobisme puisque c’est un inédit que finalement assez peu de gens ont entendu. Mais tout bien pesé, « Cortez The Killer » est la réponse la plus acceptable, je serais même tenté d’écrire ‘la plus poétiquement correcte’, rien que pour faire un bon mot.

On raconte que l’idée de cette chanson est venue d’un cours d’histoire au collège que Neil fréquentait adolescent. Le texte, comme souvent chez Neil, est plus impressionniste que structuré, plus visuel que conceptuel, et il ne faut y chercher ni symbolisme ni vérité historique ni logique cartésienne. Sa vision des Incas est assez idéalisée et la justification de leurs sacrifices humains, par exemple, à la limite du choquant. On ne peut pas nier que le personnage de Cortez, bien que honni, fascine manifestement Neil Young. Mais honnêtement, tout le monde s’en fiche, car si « Cortez » est depuis plus de 30 ans une des chansons-phares des concerts du Loner, c’est grâce aux envolées sublimes d’Old Black (la guitare de Neil), jamais deux fois les mêmes d’un concert à l’autre. « Cortez », comme « Down by the River », « Cowgirl in the sand », « Rockin’ in the free world” ou “All along the watchtower” sont le plus souvent des espaces de liberté, pretextes à improvisations, pour le meilleur (dans 95% des cas) ou le pire (je connais ainsi un Cortez avorté dès les premières notes tout simplement parce que Neil lui même se trouve mauvais et en manque d’inspiration). Dans ce genre de chansons, Neil fait souvent passer ses humeurs du moment, ses nostalgies, et sans doute ses blessures. En 95, lors de la courte tournée avec Pearl Jam, la fin du Cortez, qui frôle les 20 minutes, est une longue improvisation hallucinée qui donne finalement à l’ensemble de la chanson un sens tout à fait différent, qui touche au philosophique sinon au mystique. La prestation de Cesaria, en Israël, en juillet 1995 est à ce point de vue, à mon avis, un sommet, et on a peut-être entendu là le meilleur Cortez électrique jamais joué. La version acoustique qui illumine la plupart des concerts de l’US solo tour 1999 est quasiment à l’opposé de celle-là, intimiste, introvertie, et par ailleurs tout aussi remarquable.

Pour une version 1978, voir cet extrait du film « Rust Never Sleeps »

http://www.youtube.com/watch?v=x-wHzlfLKbM&search=nei...

Neuf minutes de bonheur, ça ne se refuse pas, de nos jours.

11:18 Écrit par Tempus fugit dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ma bo, neil younguerie |

18/07/2006

L'été en musique (4) - It's A Beautiful Day

IT'S A BEAUTIFUL DAY (1969)

1. White Bird  
2. Hot Summer Day  
3. Wasted Union Blues  
4. Girl With No Eyes  
5. Bombay Calling  
6. Bulgaria 
7. Time Is

 

Complètement oubliée, la bande à David et Linda Laflamme. C'était le temps des chemises à fleurs, de la carpette à Mamy qui sentait bizarre, des cheveux qui se mesuraient au mètre et des mini-shorts de la voisine, quand elle en mettait. Ça doit être le soleil qui tape fort mais j'ai une chanson qui me passe dans la tête depuis le matin, "Hot summer day"(-ay-aaay), avec ce violon tellement beau qu'il fait froid au front (je ne vais pas dire "chaud au coeur", par 36° à l'ombre). Et vl'à encore un "White Bird" qui passe dans le ciel, à demi carbonisé, mais libre, porté par l'archet de David, si léger. Soyons honnête, IABD n'a jamais vraiment fait mieux que ces deux titres, mais ceux-là, ils sont intemporels, comme le parfum d'un sorbet aux fruits de la passion, comme la voix de Luc Varenne ou la pipe de Paul Vanden Boeynants. La nostalgie finira par me rendre intégralement con...

15:42 Écrit par Tempus fugit dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : instantanes |

13/07/2006

Encore une REVUE EN VRAC

An Pierlé & White Velvet (2006)

Bien léché, parfois un peu trop, ce beau cd me paraît a priori plus mélodique que les précédents travaux de la belle gantoise. Je ne m'en plains pas, personnellement. Mes préférées : "Jupiter" et "Tenderness". Elle continue son petit chemin tranquillement, sans en faire trop ni trop peu.

 

 

 

 

 

Johnny Cash - American V (2006)

Initié, dit-on, par Johnny Cash après le décès de June, à laquelle il n'a survécu que 4 mois, l'enregistrement de ce disque n'apportera rien à sa gloire. On peut y voir une sorte de dernier tour de piste voulu par l'artiste mourant, ce qui est respectable, mais il y apparaît beaucoup trop affaibli par la maladie pour ne pas ressentir une gêne profonde à son écoute, comme si on assistait en direct à ses derniers soupirs. Outre les deux dernières chansons qu'il aura composées, le cd comprend une belle reprise du "Four Strong Winds" de Ian Tyson, une chanson surtout connue par la version de Neil Young. Pour le reste, ce n'est pas ceci qui va faire un soupçon d'ombre à "American IV" ou au coffret "Unearthed", de très loin supérieurs.

The Clash - London Calling (1979)

Racheté en cd pour cause de solde d'été à prix ridicule. Franchement, je trouve que ça a mal vieilli.. Ou c'est moi.

10:07 Écrit par Tempus fugit dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : revue en vrac |

11/07/2006

L'été en musique (3) - Antony and the Johnsons

Une découverte à faire de toute urgence, une voix à vous arracher les tripes. Ecoutez ça, par exemple : Soft Black Stars

Whore !
(Antony and the Johnsons - I'm a bird now - 2005)
 

01:23 Écrit par Tempus fugit dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : instantanes |