18/12/2007

Ferré, tu me manques, des fois

Je veux être drapé de noir et de raison
Battre de l'aile au bord de l'enfer démocrate
Et cracher sur Trotski sur Lénine et Socrate
Et qu'on dise de moi " Mon Dieu qu'il était con! "
" Il n'aimait rien de ce que l'on nous fait aimer
Et marchait seul, devant, le poing dans l'utopique
Il croyait que l'amour c'est comme la musique
Alors que votre amour s'est immatriculé "

(Léo Ferré, Quand je fumerai autre chose que des Celtiques, extr) 

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16:24 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : exultation solitaire, ferre, leo |

10/05/2007

Revue express - Léo Ferré en italien

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1. La Solitudine 2. Piccina 3. Pepee 4. Tu non dici mai niente 5. Col Tempo 6. Niente Piu 7. Gli Anarchici 8. Il tuo Stile 9. I Pop

Quelques mots pour signaler la réédition en CD, par les Editions "La Mémoire et la Mer" de Matthieu Ferré, du premier LP de Léo en italien, au tout début de son exil toscan (1972). Le vynil était devenu introuvable, et de toute façon n'avait jamais été distribué massivement par Barclay sous nos cieux. J'avais personnellement acheté le mien en 1983 à Florence, au rayon promos d'un grand disquaire autochtone. On retrouve dans ce cd 9 classiques de Léo adaptés en italien, une langue qui se marie parfaitement avec ses textes. Col tempo, va...

Aucun livret pour ce cd, malheureusement et pas de textes non plus, comme le LP original d'ailleurs. A ma connaissance, "In italiano" ne se trouve pas chez les disquaires, il peut être acheté sur le site de "La Mémoire et la Mer", dont je ne donne pas le lien car ce blog ne fait pas de commerce. Ceci dit, si vous ne trouvez pas le site, vous le faites exprès, et vous pouvez de toute façon m'envoyer un mail. A signaler qu'un autre cd en italien, dont la matière est cependant postérieure, a été édité il y a quelques années ("La musica mi prende come l'amor" et qu'il contenait, lui, quelques inédits en français (des textes de Cesare Pavese, "L'Uomo Solo" et "Verra la Morte", notamment). Les traductions, limpides, sont d'Enrico Medali.

Hanno bandiere nere
Sulla loro Speranza
E la malinconia
Per compagna di danza
Coltelli per tagliare
Il pane dell'Amicizia
E del sangue pulito
Per lavar la sporcizia
Non son l'uno per cento ma credetemi esistono
Stretti l'uno con l'altro e se in loro non credi
Li puoi sbattere in terra ma sono sempre in piedi
Sono gli anarchici

16:23 Écrit par Tempus fugit dans Amour | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : revue en vrac, ferre |

06/05/2007

J'entends la voix de Léo

(...)

C'est un pays qui me débèqu'te
Pas moyen de se faire anglais
Ou suisse ou con ou bien insecte
Partout ils sont confédérés...
Faut les voir à la télé-urne
Ces vespasiens de l'isoloir
Et leur bulletin dans les burnes
Et le mépris dans un placard

Ils ont voté... et puis, après?

Dans une France anarchiste
Je mettrais ces fumiers debout
A fumer le scrutin de liste
Jusqu'au mégot de mon dégoût
Et puis assis sur une chaise
Un ordinateur dans le gosier
Ils chanteraient la Marseillaise
Avec des cartes perforées

Le jour de gloire est arrivé

23:10 Écrit par Tempus fugit dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ferre, ils ont vote |

05/05/2006

Léo Ferré - Il n'y a plus rien (1973)

J'allais mal, en ces temps-là. Qu'est-ce que je fichais là, à la fac, anonyme et solitaire, étranger à ce monde où il convenait de paraître, de briller, de parler haut, où se profilaient déjà les carrières de ces "fils et filles de" que, trente ans plus tard, je vois encore apparaître parfois dans la lucarne de ma télé ? Je ne brillais ni par mon intelligence ni par mon verbe ni par mon physique, j'étais l'ombre de mon ombre, alors que vivaient en moi des émotions tellement confuses que je ne pouvais les exprimer. Qui, d'ailleurs, m'aurait écouté ?
Je vivais chez moi au bord de la misère, mon père venait de mourir et la vie avait réduit ma mère au rôle d'une mère purement nourricière. Elle s'en acquittait avec une volonté et un acharnement proches de l'héroïsme, mais qu'aurait-elle pu comprendre à mon quotidien, à mes échecs, passés, présents et à venir et à ma solitude ?

Après toutes ces années, il m'arrive encore de penser à cette période de ma vie comme à une impasse sombre, dans une ville inconnue, par une nuit de brouillard où je cherche vainement vers où diriger mes pas. Une porte ouverte, un réverbère allumé, une voix qui m'appelle, un chat qui miaule, n'importe quoi, un mot, un signe, un souffle vaguement parfumé d'humanité.
Je n'étais pas malheureux, j'étais simplement VIDE. Il n'y avait plus rien.
Mais pourquoi ai-je donc emprunté ce disque, cette cassette plutôt ? Le hasard, sans doute. Dès les premières notes, j'ai su que ma vie venait de changer. Ce déjà vieil homme à la crinière blanche mettait des mots sur MON mal-être, sur MA révolte intérieure. Il me parlait à MOI.
Et je crois bien avoir pleuré, tout seul. "L'oppression" et "Richard" restent toujours, plus de 30 ans après, des textes essentiels à mon équilibre personnel. 
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LEO FERRE - IL N'Y A PLUS RIEN (1973)

1. PREFACE
2. NE CHANTEZ PAS LA MORT (Jean-Roger Caussimon / Léo Ferré)
3. NIGHT AND DAY
4. RICHARD
5. L'OPPRESSION
6. IL N' Y A PLUS RIEN
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Ceci est le premier "post" d'une mini-série consacrée aux disques qui font la bande-son de ma vie, et que j'emmènerais très certainement sur l'île déserte. Dans l'hypothèse, bien entendu, d'un naufrage programmé de longue date et en espérant qu'on veuille bien installer préalablement sur cette île l'électricité, parce que c'est plus pratique que d'amener un container de Duracell avec soi.

11:37 Écrit par Tempus fugit | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ma bo, ferre |