13/02/2008

Neil Young - Antwerpen, Stadsschouwburg, 11 février 2008

On ne parlera pas des sujets qui fâchent : le prix des places, le personnel de la salle qui ne permet même pas que le public se lève pour les rappels et la pauvre qualité (je suis miséricordieux) des chansons de Madame Young-Morton en première partie. Il faut croire que quand on aime, on ne compte plus et qu'on n'en a cure d'être traité comme un enfant de maternelle par des apprentis pions en chemise "stage crew". Mais les 2.000 personnes et plus qui remplissaient la magnifique salle du Stadsschouwburg d'Anvers lundi soir n'étaient pas là pour se laisser gâcher leur plaisir par de tels détails : Neil Young, c'est Neil Young. Une légende, peut-être la dernière rescapée des "sixties" qui ait su garder son intégrité physique et artistique plus ou moins intacte. Et Neil n'a pas déçu tout au long d'un concert de haute qualité, si on veut bien oublier toutefois que, contrairement à ses habitudes de près de 40 ans de carrière, la liste de ses chansons est restée cadenassée depuis sa tournée d'automne 2007. Après 55 minutes d'un set acoustique impeccable, sans faille, dont les sommets sont pour moi le prodigieux "Ambulance Blues", le méconnu "Sad Movies" et un "Journey through the past" dédié à sa grand-mère, qui était la seule musicienne de son village, comme il l'explique avec nostalgie devant le vieux piano qui devait ressembler au sien. Ça sonne superbement dans cette salle à l'acoustique de rêve et au public attentif et respectueux de l'artiste. Neil revient ensuite avec le groupe qui l'a accompagné sur son dernier album (excellent) "Chrome Dreams II" : Ralph Molina (le seul Crazy Horse qui soit de la partie, j'ajouterai "hélas") à la batterie, l'étrange Rick Rosas à la basse et le vieux complice Ben Keith à la guitare. Pas de grosse surprise, en fait, aucune surprise du tout pour qui connaissait les setlists de la tournée US. Sauf que "Mr Soul", en ouverture, remplace "The Loner". On a compris tout de suite que ça va ch...(anter fort et jouer haut). Le choix des chansons est toutefois discutable, avec les très molles "Bad fog of loneliness", "Winterlong", "Oh lonesome me", mais tout choix l'est, bien entendu. Ce qui est indiscutable par contre, c'est que le trio de chansons nouvelles (Dirty old man, Spirit road et No hidden path) se détache du set électrique : Neil et son Old Black sont en grande forme, ça dégage une énergie rock'n rollesque de haut vol et on est finalement surpris qu'une heure soit déjà passée quand s'achève le formidable "No Hidden Path", étiré sur près d'un quart d'heure au gré des solos inspirés du Neil. En rappel, "Cinnamon Girl" le fait un max, par contre, "Cortez the Killer", manifestement écourté, est un ratage désolant pour qui (j'en suis) font de cette chanson une des dix meilleures de l'histoire du rock. Il y a manifestement un problème de cohérence interne au groupe à ce moment précis. On le leur pardonne. On s'en serait bien repris une dose pour le show du lendemain au même endroit. Toutefois, à 138 euros la place (frais compris, tout de même), faut pas rire... Dommage : hier, il a joué trois titres de plus... Comme tempus fugit tout de même, qu'il a 62 ans et qu'il ne vient pas souvent en Europe, j'espère que ce ne sera pas mon dernier concert de Neil Young.

15:35 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : live, neil younguerie |

26/01/2007

Il ne fait pas un temps à mettre un auto-stoppeur dehors

HITCHHIKER (Neil Young)
When I was a hitchhiker on the road
I had to count on you
But you needed me to ease the load
And for conversation too
Or did you just drive on through.
You didn't see me in Toronto
When I first tried out some hash
Smoked some then and I'll do it again
If I only had some cash
Only had some cash.Then I tried amphetamines
And my head was in a glass
Taped underneath the speedometer wires
Of my '48 Buick's dash.
But I knew that wouldn't last.
Then came California
Where I first saw open water
In the land of opportunity
I knew I was getting hotter
I knew I was getting hotter.
But the neon lights
And the endless nights
The neon lights
And the endless nights
The neon lights
And the endless nights
The neon lights
And the endless nights
They took me by surprise
The doctor gave me valium
But I still couldn't close my eyes
I still couldn't close my eyes.
Then came paranoia
And it ran away with me
I couldn't sign my autograph
Or appear on TV
Or see or be seen
See or be seen
Or see or be seen.
Living in the country
Sounded good to me
Smoking grass while the summer lasts
In the real organic sea
Where everything was green
Everything was green.
Then we had a kid and we split apart
I was living on the road
A little cocaine went a long long way
To ease that different load
But my head did explode
My head did explode.
I wish I was an Aztec
Or a runner in Peru
I would build such beautiful buildings
To house the chosen few
Like an Inca from Peru.
When I was a hitchhiker on the road
I had to count on you
But you needed me to ease the load
And for conversation too
Or did you just drive on
Did you just drive on
Did you just drive on through.
Or did you just drive on
Did you just drive on
Did you just drive on through.
 
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Quizz : à qui s'adresse Neil Young dans ce texte autobiographique ? 
CarrieSnodgress

14:43 Écrit par Tempus fugit dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : neil younguerie |

27/10/2006

A paraître : Neil Young & Crazy Horse - Live at Fillmore East (1970)

Comme annoncé dans le post précédent, le 1er volume des archives de Neil Young sera disponible le 13 novembre prochain. L'événement est attendu depuis plusieurs lustres. Il s'agit d'extraits des 4 concerts légendaires des 6 et 7 mars 1970 au Fillmore East (à l'époque, il était d'usage de faire deux concerts par jour, un l'après-midi, l'autre en soirée). Légendaires parce qu'il s'agit là des tout débuts du Crazy Horse, formé quelques mois plus tôt, avec Dany Whitten à la guitare. Whitten mourra deux ans plus tard d'une overdose dont Neil Young se sentira toujours responsable, pour diverses raisons. Il sera remplacé par Franck "Poncho" Sampedro. Ce sera une occasion unique d'entendre Whitten jouer live, du moins sur un album officiel.

Des enregistrements "boots" de ces concerts circulent depuis plus de trente ans. On peut évidemment espérer un son plus "pro" pour cette sortie tant attendue par les fans.Lors de cette tournée, comme très souvent par la suite dans sa carrière, Neil commençait le show par une première partie en solo acoustique et le Cheval Fou venait le rejoindre pour la seconde partie. En apparence, "Live at Fillmore East" ne contient aucun extrait de la première partie et c'est vraiment dommage de nous priver d'un sublime "Nowadays Clancy can't even sing" ou d'une version acoustique surprenante de "The Loner". On peut déjà regretter aussi la limitation à six titres, tout en faisant remarquer que "Down by the River" et "Cowgirl in the Sand" font, chacune, une vingtaine de minutes.

On se prend à rêver de la suite de ces "Archives" (qui devraient sortir sur le modèle des "Bootleg Series" de Bob Dylan). Il serait dommage de priver le bon peuple de toutes ces perles rares (venues d'une Californie où il ne pleut guère) qui dorment dans un coffre-fort du ranch de Topanga. Comme par exemple un certain concert solo de 1971 au Royal Albert Hall de Londres qui est une pure merveille.

Bon week-end en musiqueS.

nyfillm

NY & CH - Live at Fillmore East 1970

Track Listing
1. Everybody Knows This Is Nowhere 
2. Winterlong 
3. Down By The River 
4. Wonderin' 
5. Come On Baby Let's Go Downtown 
6. Cowgirl In The Sand

11:49 Écrit par Tempus fugit dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : neil younguerie |

27/07/2006

Cortez The Killer (Neil Young)

Il n’est pas rare que, connaissant ma passion (mais plus rarement son étendue…), un quidam me demande quelle est ma chanson préférée de Neil Young. Le plus souvent, je réponds, sans réflexion ni originalité aucune, « Cortez The Killer ». Avant que vingt autres titres ne me sautent à la mémoire comme autant de regrets et après m’être forcé à ne pas répondre « Hitchhiker », de crainte d’être taxé de snobisme puisque c’est un inédit que finalement assez peu de gens ont entendu. Mais tout bien pesé, « Cortez The Killer » est la réponse la plus acceptable, je serais même tenté d’écrire ‘la plus poétiquement correcte’, rien que pour faire un bon mot.

On raconte que l’idée de cette chanson est venue d’un cours d’histoire au collège que Neil fréquentait adolescent. Le texte, comme souvent chez Neil, est plus impressionniste que structuré, plus visuel que conceptuel, et il ne faut y chercher ni symbolisme ni vérité historique ni logique cartésienne. Sa vision des Incas est assez idéalisée et la justification de leurs sacrifices humains, par exemple, à la limite du choquant. On ne peut pas nier que le personnage de Cortez, bien que honni, fascine manifestement Neil Young. Mais honnêtement, tout le monde s’en fiche, car si « Cortez » est depuis plus de 30 ans une des chansons-phares des concerts du Loner, c’est grâce aux envolées sublimes d’Old Black (la guitare de Neil), jamais deux fois les mêmes d’un concert à l’autre. « Cortez », comme « Down by the River », « Cowgirl in the sand », « Rockin’ in the free world” ou “All along the watchtower” sont le plus souvent des espaces de liberté, pretextes à improvisations, pour le meilleur (dans 95% des cas) ou le pire (je connais ainsi un Cortez avorté dès les premières notes tout simplement parce que Neil lui même se trouve mauvais et en manque d’inspiration). Dans ce genre de chansons, Neil fait souvent passer ses humeurs du moment, ses nostalgies, et sans doute ses blessures. En 95, lors de la courte tournée avec Pearl Jam, la fin du Cortez, qui frôle les 20 minutes, est une longue improvisation hallucinée qui donne finalement à l’ensemble de la chanson un sens tout à fait différent, qui touche au philosophique sinon au mystique. La prestation de Cesaria, en Israël, en juillet 1995 est à ce point de vue, à mon avis, un sommet, et on a peut-être entendu là le meilleur Cortez électrique jamais joué. La version acoustique qui illumine la plupart des concerts de l’US solo tour 1999 est quasiment à l’opposé de celle-là, intimiste, introvertie, et par ailleurs tout aussi remarquable.

Pour une version 1978, voir cet extrait du film « Rust Never Sleeps »

http://www.youtube.com/watch?v=x-wHzlfLKbM&search=nei...

Neuf minutes de bonheur, ça ne se refuse pas, de nos jours.

11:18 Écrit par Tempus fugit dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ma bo, neil younguerie |

07/07/2006

L'été en musique (2) - Live to ride (Neil Young)

En 1993, Neil Young fait une grande tournée à travers l'Europe (dont deux dates en Belgique, à Torhout et Werchter) avec Booker-T & The Mg's. Comme il le fait presque toujours, Neil introduit dans son programme une chanson inédite, "Live to Ride", qu'il présente immanquablement comme "une chanson écrite pour ma moto"  ("Long may you run", 20 ans plus tôt, était une chanson... en mémoire de sa première voiture, un corbillard de la fin des années 40). En fait, si on écoute bien les paroles, "Live to ride" est plutôt dédié à un de ses amis accidenté à moto, ce qui est un peu différent.

Je pense invariablement à cette chanson et à son rythme "motorisé" lorsque je vois passer des motards en balade devant mon domicile, les dimanches d'été. Et dans la foulée (ou plutôt, dans le tour de roue), par association d'idées, d'odeurs et de bruits, j'embraie (!) sur la chanson de Manset "On sait que tu vas vite". Je ne suis absolument pas motard mais j'aime voir passer ces gens généralement paisibles sur leur "dream machine".

"Live to ride" n'est jamais sorti sur un album officiel. La chanson a été jouée 43 fois sur scène, entre juin et septembre 1993, et ne l'a jamais plus été par la suite.

Live to ride,
ride my dream machine
Good conditions
sometime are extreme
Running from the daily grind
He was, he was a friend of mine
Gonna take a long, long time
But the stain will fade away
Running from the daily grind
He was, he was a friend of mine
.

(...)

Ce qui donne en traduction automatique :

Vivez pour monter,
montez ma machine rêveuse
Bonnes conditions
soyez autrefois extrême
Courir du morcellement quotidien
Il était, il était un ami à moi
Allant prendre un long, bon moment
Mais la volonté de tache se fanent loin
Courir du morcellement quotidien
Il était, il était un ami à moi.

Lol, MDR, etc...  (pour vous détendre, au besoin, je vous conseille de faire cet exercice sur le site du groupe "Queen" (Reine), c'est irrésistible...). Que vous viviez ou non pour monter (votre machine de rêve), je vous souhaite un excellent week-end de musique. Evitez le morcellement quotidien mais ne boudez pas votre plaisir de prendre un long bon moment, mon cher quatuor de lectrices,-teurs adoré(e)s !

10:15 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : instantanes, neil younguerie |