06/06/2007

Qui se souvient de Phil Ochs ?

[picture of Phil]

Phil Ochs est aujourd'hui oublié. Dans les années 60, il était l'un des fers de lance de la contestation aux Etats-Unis, au même titre que les Bob Dylan, Joan Baez, Pete Seeger, Country Joe Mc Donald et tant d'autres. Il a combattu, la guitare à la main, contre la guerre du Vietnam et pour la reconnaissance des droits civils aux Noirs américains. Beaucoup moins doué qu'un Dylan (qui le tenait pourtant en haute estime), il a laissé 8 LP et beaucoup de chansons au style direct, littéral et sans fioritures. Il se définissait comme un "démocrate libéral de gauche" et un grand admirateur de J.F.Kennedy. A défaut d'être un génie, Phil était un artiste honnête, sans compromissions, unanimement respecté dans le petit monde des "folk singers". On peut encore trouver l'une ou l'autre compilation qui perpétue sa mémoire, mais il faut bien chercher. On peut le voir ici chanter son "tube" pacifiste "I ain't marching anymore" : http://www.youtube.com/watch?v=Ah6OLuPJT_Q

Phil Ochs, rongé par le déclin de sa popularité et par l'impossibilité dans laquelle il se trouvait d'encore écrire, alcoolique, maniaco-dépressif, s'est pendu le 9 avril 1976. Il n'avait pas 35 ans. Symbole de la paranoia des institutions face aux supposés subversifs : le FBI détenait sur lui un dossier de 410 pages qui, longtemps après sa mort, se remplissait toujours de compte-rendus imaginaires de ses activités politiques. Un de ses meilleurs disques est, à mes yeux, ce qu'on appelle parfois un "boot", jamais publié, un concert enregistré en public à Montreal en 1966. Ce boot est sous-titré "the FBI tapes" car on raconte que la prestation avait été enregistrée par le FBI. Légende, sans doute, quoique la qualité du son est remarquable, trop peut-être pour un enregistrement de simple amateur ? Allez savoir.

Pour en savoir plus sur sa vie et son oeuvre : http://web.cecs.pdx.edu/~trent/ochs/

01:08 Écrit par Tempus fugit | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nostalgie de vieux con |

17/01/2007

Nostalgie de vieux con (1) : Rock'n Charlebois

En parcourant un vieux bouquin (merci, Redu) consacré à l'histoire du rock à Liège (dont je reparlerai un jour, mais qui doit être épuisé), j'ai revisité quelques-uns des concerts qui ont marqué ma prime jeunesse (scrongneugneu). Octobre 1973, au Conservatoire. Robert Charlebois vient de sortir un des meilleurs albums de cette décennie (Fu-Man-Chu*) et il donnera ce soir-là un concert fantastique, aux limites extrêmes de la chanson française d'alors, plus proche sans aucun doute de Pink Floyd que de Julien Clerc. Je me souviens de cette lumière bleutée, de ce son renversant, et de ce bonhomme sans complexe qui s'excusera de son léger retard en disant "j'peux bin être dix minutes en r'tard, vu qu'jai dix ans d'avance". Il avait alors raison, le bougre. Je n'ai jamais compris comment ni pourquoi, quelques mois plus tard, sur la scène du Forum, il était redevenu un chanteur de variétés comme il y en a mille. Sacré Robert !

* Trouvez-mieux / Fais-toi-z'en pas / Le mur du son / Conception / Fu-Man-Chu

01:35 Écrit par Tempus fugit dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nostalgie de vieux con, nostalgie |